‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 58 sur 235 · COMPARATIFS ET SUPERLATIFS · texte numérisé non relu

COMPARATIFS ET SUPERLATIFS

Il m'a paru opportun de placer ici ce qu'on appelle les « degrés de signification », car adjectifs et adverbes peuvent en latin être modifiés par des suffixes quand ils servent à comparer les personnes ou les choses. Ce procédé a laissé des traces en français dans les mots même dont on se sert pour distinguer les comparatifs. On dit « comparatif de supériorité » ; or « supérieur » est le latin superior (génitif superioris) où le suffixe -ior s'ajoute au radical de l'adjectif superus.

On traduira donc aisément :

« Ce consul est équitable. » (pas de comparaison) « Ce consul est plus équitable que l'autre. » (si l'on compare les deux consuls, le premier est supérieur en équité au second) [471]

— ► Cependant cette forme en -ior n'existe pas pour tous les adjectifs. On traduit alors avec un adverbe précédent l'adjectif, comme en français. Pour le thème, consultons le dictionnaire ! Exemple : Nihil magis mirum erat. [*»]

Et c'est le procédé normal quand il s'agit de Végalité ou de l'infériorité :

Tam prudens quam diligens erat.

Nemo illo minus fuit emax. [473]

Mais voici les difficultés :

La forme aequior fait au neutre aequius. L'adverbe aeque a pour comparatif aequius. Ainsi aequius signifiera : plus égal (en parlant d'un objet neutre)

ou bien : plus également, plus équitablement.

Quand le comparatif n'existe pas, on met un adverbe devant l'adverbe : magis mire = plus étonnamment.

» L'adverbe au comparatif peut avoir un complément à l'ablatif :

Exemple : exspectatione maturius. [17i]

Mais en général il est suivi de quam. (cf. [471]).

2. Le comparatif en -ior est en réalité un intensif : durior employé sans complément indique une comparaison avec la généralité des hommes, et signifie particulièrement dur, — allant parfois jusqu'à la nuance : trop dur (= plus dur qu'il ne faut).

De même un adverbe comme saepius signifiera bien souvent.

3. On s'achemine ainsi vers le SUPERLATIF, et les élèves ont en général beaucoup de peine à faire la distinction. Le superlatif marque qu'il n'y a rien au delà, et se reconnaît au suffixe -issimus, ajouté au radical de l'adjectif. Il en reste des traces en français : « altesse sérénissime. » = altesse la plus sereine, ou très sereine.

a) « la plus sereine » (de toutes), est le superlatif relatif : on juge par rapport à tous les autres.

b) « très sereine » est le superlatif absolu, — sans complément. Ainsi, parlant des élèves d'une classe, le professeur pourra dire :

X est particulièrement brillant.

Y est plus brillant que les autres.

Z est très brillant, ou il est le plus brillant de tous. [475]

Le superlatif de l'adverbe se forme en remplaçant par e l'i final du génitif : diligentissime = très ponctuellement.

Un complément de manière se rend souvent par l'adverbe :

avec la plus grande lenteur = tardissime.

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