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MOTS AFFIRMATIFS ET NEGATIFS

• Les adverbes affirmatifs sont en français :

oui, certes, assurément, en vérité...

En latin, on exprime oui par etiam ou ita, mais plus souvent en répétant le verbe de la question : Visne ? — Volo.

Le mot certes se rend surtout par quidem, toujours placé après un autre mot, — à ne pas confondre avec quidam (voir juste avant [315]), — et signifiant aussi du moins, comme le mot certe, qui a été signalé plus haut (cf. [488]) dans les formes dangereuses.

Pour assurément, la meilleure traduction serait profecto (déjà indiaué aussi [i86]) ou bien sane (qui signifie souvent tout à fait.)

L'expression en vérité se rendra surtout par vero (dérivant de verus = vrai),), tandis que l'adverbe normal vere signifie véritablement, réellement. On va retrouver vero employé comme con-

jonction. Qu'on prenne garde pour le moment que l'emploi de ce mot comme adverbe est limité : presque toujours après un autre mot, particulièrement dans les réponses :

Exemple : minime vero = pas du tout en vérité.

— ou bien, pour un renforcement :

Exemple : et vero = et en vérité ; neque vero = et vraiment ne... pas.

• Les négations usuelles sont en latin : non, ne, haud (la dernière surtout devant un adjectif ou un adverbe). Il faudrait ajouter quelques expressions déjà rencontrées, comme minime = pas du tout.

> Ne avec le subjonctif, dans une proposition indépendante ou

principale, marque la défense, ou le souhait négatif, (cf. après [349])

Il ne faut pas confondre cet emploi avec la conjonction négative, anciennement ut ne devenu ne tout seul, qui introduit des propositions complétives, ou des circonstancielles de but.

Traduire : « Qu'ils ne s'échappent pas ! »

Une négation composée peut introduire la défense : Nihil de ea re dixeris. [511]

» Ne entre dans la composition de divers mots :

— des indéfinis (déjà vus) : nemo, nullus, nihil, neuter.

— des adverbes : nunquam ou numquam = jamais ; — nus-

quam = nulle part, (pour ne pas confondre nunquam et nusquam, observer que dans la deuxième graphie numquam une m est à la troisième place comme dans jamais.) nequaquam = nullement ; — nequiquam = inutilement.

(pour retenir la différence, observer qu'un i se trouve dans l'adverbe nequiquam comme en tête d'inutilement).

-> Ne forme avec quidem une locution très importante, dont il

faut bien saisir le mécanisme. En présence de cette phrase :

Ne deos quidem metuebat

il faut considérer ne comme la négation du verbe, et rendre quidem par même qui serait rétabli devant le mot enclavé : deos. On pourrait donc transcrire : Non metuebat etiam deos. [512]

Dans cette phrase de Cicéron :

Ne civium quidem Romanorum qui tum aderant fletu et gemitn maximo commovebare ? bien rétablir d'abord :

non commovebare ? — etiam civium Romanorum. [513]

» Ne est bien une négation de verbe, comme on le voit dans :

nescio = je ne sais ; — nequeo — je ne peux ; — neglego = je ne m'occupe pas de.

Mettons à part le verbe qui découle de la négation elle-même :

nego,

negas

je dis non

je dis que...

ne..

. pas (-f- prop. inf.)

je nie

je refuse

» Signalons deux expressions adverbiales temporelles de première importance : nondum = pas encore — nihildum = rien encore.

non jam (ou jam non) = ne plus (ne... pas désormais) nihil jam = plus rien.

> La locution française ne... que équivaut à seulement et peut

correspondre par conséquent à l'un des trois adverbes : modo — solum — tantum.

Mais elle a son équivalent dans un tour négatif fréquent en latin :

Nihil aliud nisi hoc scit. [514] (dans ce cas, nisi = sinon, si ce n'est, sauf, excepté.)

• On répète volontiers : « deux négations se détruisent » ; ajoutons : « si la première est composée. » La phrase :

Nemo hune non agnovit, correspond au tour français : Il n'y a personne qui ne l'ait reconnu = tout le monde l'a reconnu. Si la négation simple précède, il faut comprendre : Non nemo = pas personne, donc quelqu'un.

Exemple : Fuit non nemo (ou nonnemo) qui agnosceret Thuym. [515]

On retiendra particulièrement :

nonnulli = quelques-uns ; — nonnunquam = quelquefois.

Enfin deux négations simples se détruisent :

Non potuit non narrare... = il dut raconter... Nec non = et aussi, et surtout.

D'autres particularités vont apparaître dans l'étude des mots de liaison qui peuvent se combiner avec les adverbes négatifs.

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