OPPOSITION
• La principale conjonction française de coordination pour marquer l'opposition est mais. Toutefois, en latin, on distingue plusieurs degrés :
1 ) faible opposition : autem ou vero, se plaçant tous deux après un mot, signifient d'autre part, quant à, mais.
J'insiste sur cet emploi très fréquent de vero. On cherchera d'abord les possibilités de la forme vero. [525] Puis on traduira ces deux exemples pour bien voir la différence entre l'adverbe d'affirmation signalé plus haut et la conjonction de coordination.
Nunc vero quae est tua vita ?
Prœclaram vero populo Romano reîers gratiam... [526]
2) opposition usuelle : sed ou verum, exprimant notre mais le plus courant. Verum ne doit pas être confondu avec le neutre de verus !
* Un adverbe peut être en relation à distance avec ces coordonnants : l'opposition s'en trouve soulignée ou renforcée.
On n'aura pas de peine à faire entrer dans cette phrase le groupe : quidem... sed... : « Il montre de la bonne volonté sans doute, mais il ne réussit pas. » (Choisissez avec soin les mots convenables !) [527]
— ► Il faut considérer attentivement l'opposition renforcée : NON ego, SED tu = non pas moi, mais toi = ce n'est pas moi, c'est toi ; et bien distinguer ce tour d'un autre, qui est fréquent, et qui, au lieu d'être une opposition, est une addition renforcée :
au lieu du type simple :
A -j- B, on dit : A n'est pas seul, il y a aussi B.
C'est l'expression latine : non solum... sed etiam (non seulement, ...mais encore), mais il y a trois façons de dire : seulement, deux façons de dire mais ; trois façons de dire : encore.
Ce qui donne : non | solum j sed j etiam
modo | verum et [tantum quoque
Une dernière combinaison est possible :
non modo .... sed ne .... quidem.
Comme il a été dit (cf. [«*]) :
ne porte sur le verbe (et c'est la seule négation !) quidem porte sut le mot enclavé (et équivaut à etiam) ;
on peut donc rétablir :
non modo . . . sed etiam . . . non > verbe.
(Il est parfaitement inutile de rajouter un non après non modo.)
Exemple à traduire : Consul ferox ab consulatu priore et non modo leçjum aut patrum majestatis, sed ne deorum quidem satis metuens erat.
(Il faut bloquer ensemble : ne satis metuens erat.) [528]
— ► A ces tournures, rattachons aussitôt le groupe cum... tum..., (qui tire son origine d'une subordination, comme on le verra page 109) : il coordonne deux éléments en marquant une insistance plus forte sur le second : non seulement... mais surtout. Du reste le mot surtout est parfois ajouté : cum . . . tum maxime. Le sens est clair dans cette phrase de César :
Multum cum in omnibus rébus, tum in re militari potest Fortuna. (rétablir : Fortuna potest multum...) [5£9] La phrase suivante pourra servir de récapitulation : Movit et Scipionem cum fortuna pristina viri prœsenti fortunée collata, tum recordatio hospitii dextrœque datae et fœderis publiée ac privatim juncti. (Tite-Live). [53°]
3) Opposition très forte : at = mais (particulièrement quand on présente une objection).
> Pour ne pas confondre ce mot avec atque, il suffit de bien
regarder ce -que, qui signifie et. Si l'on voit ac, penser que le c représente -que. (Cf. page 101, 2.)
• Les groupes coordonnés (ou juxtaposés) sont souvent mieux visibles grâce à la figure appelée chiasme (mot grec qui signifie croisement) : l'ordre des mots est renversé dans le premier groupe par rapport au second. Exemple : ...si potest mens mea respicere spatium praeteriti temporis et pueritiœ memoriam recordari ... [«»]
• Autres rapports dans la coordination :
1) l'alternative : ou, ou bien = aut (si le choix est imposé) ;
vel, ve (si le choix est libre).
2) la cause, l'explication : car, en effet = nam, ou enim
(après un mot) — et en effet = namque, etenim.
3) la conclusion : donc = ergo, ou igitur (souvent après un
mot).