‹ Aidez-le à bien travailler le latinChapitre 79 sur 235 · DIX MOTS PAR CLASSE · texte numérisé non relu

DIX MOTS PAR CLASSE

• Le premier consiste à faire étudier des listes de mots groupés par déclinaison : série de mots se déclinant sur rosa, puis sur dominus, etc. L'enfant doit d'abord apprendre ces mots mécaniquement. Chaque liste sera donc assez brève : une dizaine de mots, — et formée de termes vraiment usuels, comme ancilla, ancillse (f.) = la servante, — puella, puellae (f.) = la jeune fille, — nauta, nautse (m.) = le matelot. On exigera toujours le génitif et le genre.

Les parents doivent absolument intervenir pour que ces listes soient réellement apprises, — autrement dit réellement sues avant d'arriver en classe. Voici quelques moyens pratiques d'obtenir ce résultat. L'enfant, sachant que son père ou sa mère vont lui demander ces mots, se les répète quatre fois dans l'ordre, puis, cachant alternativement le français et le latin, se les récite, d'abord dans l'ordre, ensuite en choisissant au hasard, et en contrôlant chaque fois. Ses parents lui poseront ensuite des questions sur la liste, sans en suivre l'ordre, demandant tantôt le français, tantôt le latin.

Il pourra être utile de faire copier la liste sur un cahier spécial, pour imposer à l'enfant le souci d'une bonne présentation, d'une exactitude rigoureuse, et lui prouver que cet effort de copie aide la mémoire, qui est en général surtout visuelle.

On peut aussi aider la mémoire en faisant observer la parenté entre mots latins et mots français : par exemple entre nauta et nautique ; mais il faut se borner aux mots français les plus courants : le mot « ancillaire » est trop savant.

Je crois que tout élève de 6e pourrait et devrait apprendre 10 mots par classe, soit 40 mots par semaine, selon les différents procédés qui vont être passés en revue. Cela ferait environ (en comptant dix semaines seulement par trimestre, à cause des compositions et des congés) 1 200 mots dans l'année, et ce serait merveilleux ! (cf. cependant les Programmes, après les corrigés.)

L'expérience montre qu'on est loin d'un tel chiffre. Pourquoi ? C'est qu'une liste de mots, même bien sue, ne s'inscrit pas définitivement dans la mémoire.

On retient les mots par l'usage.

L'auteur d'un Vocabulaire de base du Latin (1), M. Maurice Mathy, écrit : « Si l'on se bornait à découper ce vocabulaire en tranches, pour en emplir la mémoire des élèves par séries de dix, vingt ou trente mots par leçon, nous n'aurions certes pas atteint le but que nous nous sommes proposé !

(1) Editions O.C.D.L. 76 bis, rue des Saints-Pères, Paris-vir\

« Par contre, nous espérons avoir facilité la tâche de ceux qui, comme nous, pensent à un apprentissage méthodique du vocabulaire à l'aide de textes suivis de version ou de thème, contenant chaque fois un nombre restreint de mots nouveaux, repris ensuite dans les exercices oraux ou écrits afin qu'on puisse se familiariser avec eux. »

Les listes sont indispensables au départ, — mais les mots doivent être repris dans des phrases.

Ainsi les professeurs donneront à revoir du vocabulaire pour une composition.

Voici par exemple quelques phrases données en composition de version, en classe de 6e, à la fin du premier trimestre.

1. Occidistis, fil i i agricolae, cum servis ndis magistri, multos corvos

in populis mei horti. Nam corvi vénérant ex silva in villam, et, rostris, fregerant ova gallinarum [559].

Page 1