CONCLUSION
• Je terminerai ce chapitre sur le vocabulaire en indiquant comment j'en conçois l'utilisation.
Les diverses listes proposées peuvent être données à apprendre peu à peu, notamment la liste des verbes irréguliers, qui, établie par l'élève, devra être contrôlée. Le procédé du rabâchage de ces verbes, et de certains mots fondamentaux, n'a rien d'infamant. Je connais des professeurs de Première, et même de Première Supérieure, qui doivent y recourir ... parce que l'effort nécessaire n'a pas été accompli par leurs élèves quand ils étaient en 6e et 5e.
Chaque fois que l'enfant commettra une erreur grave et persistante, on pourra lui faire copier de dix à trente fois l'indication qui lui est indispensable.
Il faudra surtout que les élèves prennent l'habitude de se reporter à ces listes en travaillant les textes, en faisant leurs versions et thèmes.
La méthode employée doit leur servir d'exemple, ou de modèle, pour examiner, apprendre et retenir d'autres mots, ne figurant pas sur ces listes.
Les sens principaux de certains verbes irréguliers (voir remarques, page 130), ceux des verbes composés relevés page 127, et des mots-pièges consignés dans les pages 132 à 138, les aideront à comprendre plus vite la plupart des phrases.
En assurant aux débutants un minimum de mots solidement connus, ces quelques pages doivent les empêcher :
1° de commettre une lourde erreur sur des mots perfides d'aspect simple, comme avaritia, injuria, etc. qu'ils n'auraient pas l'idée de chercher ;
2° de se noyer dans le dictionnaire, car ils auront d'abord moins de mots à chercher, puis ils seront munis d'un fil conducteur s'ils doivent absolument recourir au dictionnaire : les sens que j'ai choisis seront déjà des jalons marqués dans l'article plus ou moins touffu qu'ils auront à dépouiller.
S'ils combattent dès le départ la paresse d'apprendre les mots, jointe à celle de les chercher, les parents préserveront leurs enfants de ce dégoût des textes latins, qui est si répandu et si préjudiciable.
Dès que les premiers rudiments de grammaire et de vocabulaire sont acquis, la lecture d'un texte devient réellement possible, et du même coup agréable, et profitable. En effet le texte a l'avantage de grouper tout ce qu'il est nécessaire de savoir, d'être une leçon intégrale, comme l'est, pour une langue vivante, le séjour dans le pays.
Au seul point de vue du vocabulaire,
1° le texte offre lui-même le retour des mots les plus courants : ils s'inscrivent vite dans la mémoire ;
2° il présente les mots, non plus isolément, mais par groupes, formant des locutions, des expressions, des tournures, qui reparaîtront elles-mêmes selon une fréquence proportionnelle à leur importance ;
3° si tel mot a plusieurs sens, on constatera le retour fréquent du sens le plus courant.
Toutes ces raisons conduisent les professeurs à penser que le vrai moyen de faire retenir le vocabulaire, c'est de donner le texte à apprendre par cœur. Pour que l'effort demandé ait sa pleine efficacité, les parents doivent vérifier si l'enfant comprend ce qu'il récite, et s'il connaît son texte dans tous les détails : grammaire, vocabulaire, locutions.
Voilà ce que j'appelle savoir un texte. Et, comme la longueur des textes traduits en classe dépasse celle qui peut être apprise par cœur, il faut étendre à tous les morceaux expliqués par le professeur le principe suivant :