ACTE PREMIER OV
dit qu'il fallait vivre avec intensité, désirer toujours davantage, poursuivre des bonheurs nouveaux.
Comme si c'était facile déjà d'en atteindre un I Un bonheur atteint, réussi, mais c'est un miracle, un chef-d'œuvre I
HÉLÈNE
C'est ce que je lui ai dit. Mais il répond :
e N'avoir qu'une seule chose, c'est bien grave ! » C'est bien un peu vrai. Ainsi, tiens ! Avoir des enfants, c'est divin. Mais n'en avoir qu'un, nous savons comme c'est effrayant, comme c'est grave ! Avoir un seul enfant, c'est terrible ! (Un lUence.) Il dit aussi que l'on s'étrique en s'enfermant dans des frontières. Il dit qu'on porte en soi des personnages divers qu'il faut laisser se révéler. Il dit que nous ne soupçonnons pas ce que nous pourrions devenir, transportés dans un autre cadre, au milieu d'une vie nouvelle.
HENRI
Antoinette raisonnait ainsi. Tu sais le résultat de sa double expérience. On ne se renouvelle pas, on se perd en se dispersant.
Je lui ai dit cela aussi.
HENRI
C'est en nous dirigeant toujours dans le même sens, c'est en creusant la même matière que nous arriverons un jour à satisfaire ce goût qui est au fond de nous du définitif, du parfait.
HÉLÈNE
La perfection...
HENRI
Il n'y a qu'elle qui contente.
HÉLÈNE
Je \u\ ai dit cela aussi... Mais il m'a dit : t Cette perfection une fois atteinte, toujours cette perfection alors ? Toujours la même ? Toujours ? Toujours ?... » Notre maison, tiens, par exemple. Elle est parfaite, notre maison. Cette Charente aussi est parfaite... Mais alors, cette année, la Charente, notre petite maison de Charente. Et puis, l'année prochaine, notre maison de Cha" rente I Et l'année suivante, la Charente I Et toujours, et toute notre vie, notre petite maison de Charente !
HENRI, pâUssaat.
Eh bien ! oui. Que voudrais-tu d'autre ? j
Il dit, lui, qu'il y a l'immensité du monde, et la