‹ Aimer: pièce en trois actesChapitre 38 sur 63 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

\ HÉLÈNE

C'est faux ! Je vous ai répondu ! Je vous ai dit ce que je pensais de votre audace ! Je vous ai dit que je vous défendrais de me revoir si vous recommenciez !

CHALLANGE

Vous l'avez mal dit !

HÉLÈNE

Eh bien ! ifegardez-moi maintenant ! Je vous le répète ! Je ne veux plus vous voir ! Je vei^x que vous partiez. Et je vous ferme ma maison ! Me croyez-vous enfin ?

Mais vous n'avez donc pas compris comment je vous aime ?

HÉLÈNE

Encore ce mot ! Vous êtes content de me le jeter au visage 1 C'est indigne ! C'est lâche ! Laissez-moi !

CHALLANGE, ftprement.

Hélène, je ne suis plus un jeune homme. J'ai trente-huit ans, et c'est devant vous que j'ai prononcé ce mot-là pour la première fois de ma vie, la première fois, sur mon honneur. Je ne crois pas vous faire une injure. Oui, avant de vous connaître, je croyais que les femmes nous étaient tristement inférieures et ne pouvaient

guère qu'encombrer la vie d'un homme de combat. Je les ai traitées comme des jouets. Et puis je vous ai vue. Il m'a semblé que je naissais à une autre vie, tout à coup. Rien n'a plus compté aussitôt, que vous. J'ai compris le sens de l'ambition, du travail, de la force, de la fortune, de la gloire. Vous êtes pour moi le but suprême. Un homme comme moi ne sait pas renoncer.

HÉLÈNE

Qu'espérez-vous donc ?

CHALLANGE

Je veux que vous deveniez ma femme.

HÉLÈNE

Vous êtes un extravagant !

Je suis un homme qui vous aime !

HÉLÈNE

Il sufTit à présent ! Si vous ne partez pas à , l'instant, j'appelle !

CHALLANGE

Appelez ! Appelez ! Faites un scandale si vous l'osez, ça m'est égal. Je vous préviens que vous ne m'empêcherez pas de vous voir. Vous ne savez pas ce que peut être l'amour d'un homme

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