‹ Aimer: pièce en trois actesChapitre 39 sur 63 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

de mon âge qui ne croyait pas à Tamour ! Les obstacles, ça m'est égal ! Les convenances, le monde, votre famille, la mienne, ça m'est égal ! Votre mari, ça m'est égal ! Nous avons les mêmes relations. Vous me rencontrerez partout. Partout je serai là pour vous rappeler que je vous aime, que je vous aime de cette façon-là !

HÉLÈNE

Vous oseriez !

' CHALLANGE, terrible.

Si j'oserais !... (Us se regardent sauvagement. Challange, alors, totftes forces brusquement tombées, chancelle, passe sa main sur ses yeux, se reprend et, presque humble à présent :) Ah !

Hélène, nous sommes là, dressés l'un contre l'autre. Nous nous bravons. Nous avons l'air de nous haïr... Et si vous saviez quel respect, quel infini respect j'ai pour vous !

HÉLÈNE, perdant contenance.

Je VOUS crois... (oppressée et cherchant ses mots :) Je Sais

que vous êtes sincère... On n'est pas maître d'éprouver ou de ne pas éprouver certains sentiments, je le sais... Mais on peut tout de même les vaincre... On peut se vaincre... C'est une question de volonté. Vous aurez cette volonté-là... N'estce pas ?... Vous l'aurez ? Vous n'allez pas me poursuivre, me traquer ?... Vous savez bien que je ne vous aime pas, que je ne peux pas

VOUS aimer ! Vous allez faire ce que je vous

demande ! (U fait ulgne que non, doucement.) VoyonS,

voyons! Vous savez bien quels gens nous sommes ! Vous savez qui est mon mari !

CHALLANGE

Je sais rhomme qu'est votre mari. Je sais vos sentiments pour lui. Mais, si l'homme qui vit avec vous n'était pas un homme supérieur, vous ne seriez pas ce que vous êtes. Je ne vous aimerais pas autant.

HÉLÈNE, suppliante.

Il faut m'oublier ! Il le faut ! Il ne faut plus m'aimer, Challange ! J'ai beaucoup d'amitié pour vous. Prouvez-moi que vous la méritez, et renoncez à vos folies !... Écoutez ! Écoutez !... Vous vous trompez sur moi. Vous me connaissez mal. Ce n'est pas votre faute...

Mettez-vous là ! Je vous dirai... Vous comprendrez, j'en suis certaine... Pourquoi vivre toujours dans une espèce de lutte ? Est-ce que nous ne pourrions pas enfin nous parler doucement, calmement, sans cette obsession de vos regards sur moi ?... Je ne suis pas combative, moi. Je n'aime pas, je ne sais pas lutter. Cela m'épuise d'avoir toujours à vous opposer cette attitude armée et hostile. J'aimerais tellement mieux vous expliquer

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