ACTE TROISIÈME
clair un geste clair sur Topportunité duquel nous sommes d'accord. Va ! Passe I Et, cette fois, ne te retourne plus ! Je fermerai sur toi la porte. Et tout ici sera en ordre de nouveau.
HÉLÈNE
De quels scrupules, en effet, de quels remords étais-je allée m'embarrasser ? Vous entendez, Challange? On me montre la porte! On me pousse dans vos bras ! Qu'attendons-nous 7
Allons ! (Elle a saisi son mantean. Elle s'avance, un peu égarée, sur le seuil, traînant ce manteau. Elle s'arrête, oppressée, défaille, s'appuie au chambranle. Chacun des deux hommes a fait un mouvement vers elle. Mais, tout de suite, Henri a arrêté le sien. C'est Challange qui soutient Hélène. Elle le repousse doucement.)
Un léger malaise... Pardon... Cela va passer... C'est passé... La fraîcheur de la nuit va me remettre... Allons !...
CHALLANGE avance un siège vers elle.
Vous êtes à bout de force, Hélène !
HÉLÈNE
Oui, je suis lasse affreusement... affreusement ! (Elle t'est assise.) Ne pourrait-il m'être laissé un
peu de temps ?... (SUe a tourné vers Challange un regard de prière. Et, maintenant, vers Henri :) Un peu de temps !...
HENRI, d'une voix changée, plus douce.
Prends le temps qui t'est nécessaire. Je te
répète que je vais, afin de te mettre à ton aise, demander asile à mon ga;rde et t'abandonner la maison.
Quelques heures me suffiront. Je partirai dans quelques heures...
HENRI
Tu partiras quand tu voudras.
GHALLANGE, d'une voix, lui aussi, adoucie.
Je VOUS ai brusquée... C'est ma faute... Ces attaches que je voulais que vous tranchiez brutalement, que vous pensiez avoir tranchées, qui vous ont fait pourtant revenir sur vos pas, je n'en méconnais plus le sens ni la raison. Je respecte la femme que vous avez été autant que la femme que vous êtes. Je respecte votre chagrin, vos remords, vos déchirements... (n regarde Henri.) Cclui aussi qui Ics motivc... Serace toujours notre destin, à nous les hommes, d'avoir pour plus grands adversaires ceux-là, si rares cependant, que nous eussions choisis pour amis ?... Je ne vous brusque plus. Vous viendrez à votre heure... Je ne redoute rien. Je sais que vous viendrez. La femme que vous êtes ne se dédira pas. Elle ne peut s'être trompée.