‹ Aimer: pièce en trois actesChapitre 58 sur 63 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

HÉLÈNE, HENRI HENRI

Et, cette tois, as-tu tout dit ?

HÉLÈNE

Tu penses maintenant encore que tout est dit ?

Je pense depuis longtemps déjà que tout est dit.

HÉLÈNE

Tu me hais, n'est-c

HENRI

Finissons-en, pour Dieu !... Tu as Tair d'une personne égarée, qui hésite, qui ne sait plus où elle en est, ce qu'elle veut, qui essaie de gagner du temps... Ce retour après ce départ, ces atermoiements, ces faiblesses, ce propos dénué de sens que tu t'obstines à prolonger... Si tu n'étais plus sûre de toi, si tu remettais en question les décisions que tu as prises, ce serait grave, je t'avertis, car, moi, je ne saurais revenir en arrière, car, encore une fois, pour moi tout est fini !

HÉLÈNE

Je connais ta rigueur et ton intransigeance.

N'aie pas peur. Je n'ai pas changé !... (Et, brusquement accusatrice :) Mais c'cst ta faute, ce qui nous est

arrivé là ! (Et, peu à peu, avec une violence d'invective :}

On m'attaquait ! Un homme fort, audacieux, dont tu m'avais toi-même appris à admirer le caractère et à respecter la valeur. Et, contre cette force et cette autorité, tu m'as laissé me battre et me défendre seule !... Ton orgueil ! Tu voulais ne me devoir qu'à moi. La victoire eût été plus belle, je sais bien. Mais la lutte n'était pas égale ! Je suis une femme... Tu me croyais très sage, très forte. Les femmes ne sont pas très sages. Les femmes ne sont pas très fortes. Ma force, c'était toi. Ma sagesse, c'était toi 1 C'était en toi qu'il fallait croire, pas en moi ! C'est

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