CHARLOT, GIRARDOT, FANNY
CHARLOT
Oui, monsieur Girardot, il vous a demandé plusieurs fois.
C'est bien... je vais lui parler... mais je ne peux plus me reconnaître ici... d’une de mes chambres on a fait un garde-meubles de l’autre une buvette pour les musiciens .. impossible d’y être seul un instant!... Ouf!... je n’en puis plus !
CHARLOT
Voulez-vous une glace ?
GIRARDOT
Non...
CHARLOT
Elles sont excellentes.
GIRARDOT
Comment le sais-tu T
CHARLOT, déconcerté.
Ahl... c’est que je suis chargé de les offrir... et...
GIRARDOT
Tu t’en es offert?...
CHARLOT
Je y as chercher M Georges *.
GIRARDOT
Va... ( Allant pour s’asseoir. ) Ma fol, tout ce que je demande du bal, c’est un fauteuil !... Tiens!... Fanny...
FANNY, relevant la tête.
Ah!... {elle se lève et vient se jeter dans les bras de Girardot. ) Ah! mon parrain...
GIRARDOT
Et bien, me voilà, Niai... qu’as-tu donc ?
faîiüv.
Mon parrain... ahl que je suis heureuse de vous revoir!
GIRARDOT
11 y paraît l
FANNY
Avec vous... je puis pleurer sans me contraindre l
GIRARDOT
Ah î je comprends 1... c’est ce départ de Georges... hier encore je ne croyais pas votre amour
• Girardot, Fanny.
si avancé... ton père l’ignore, lui, mais quand il saura...
FANNY
I Usait tout!
GIRARDOT
Georges reste alors ?
FANNY
Non... plus que jamais on veut l’éloigner... et moi... on me marie...
Toi!..'
FANNY
Au fils de M. Durand...
GIRARDOT
Alfred?... c’est impossible... ton père l’a refusé dernièrement.
fanny.
C’est qu’alors il n’avait pas besoin de ce mariage pour assurer l’élcclion de monsieur le comte. •
GIRARDOT
Comment! il se pourrait!... Mais lune l’aimes pas, toi, ce M. Alfred !
FANNY
Qu’importe!
GIRARDOT
Mais tu seras malheureuse !
FANNY
Oui... mais ma sœur sera comtesse.
GIRARDOT
Cette amertume! toi ordinairement si résignée.
Ah ! il faut que tu souffres beaucoup, ma chère enfant !
FANNY
Oh! oui, beaucoup... Vous savez combien j’étais malheureuse avant d’être aimée de Georges... je vous ai tout avoué... mon désespoir, mes jalousies., l’affeciionde Georges avait tout guéri... et maintenant on veut m’ôter cette unique joie de ma vie, on veut me rendre à ma douleur d’autrefois, avec des regrets de plus. Oh! je n’aurai point la force de supporter ce changement. Si Georges part, si j'en épouse un autre, je suis sûre, i du moins, de ne pas souffrir long-temps!
GIRARDOT
Allons, Fanny. mon enfant, ne t’exalte pas I ainsi... je parlerai à ton père, moi... oui.
FANNY
! Ah! voudra-t-il se rendre!
GIRARDOT
Pardieu! il le faudra bien! je me mettrai >n colère au besoin... j’en ai l'habitude ! .. . Car, au fait, c’est une injustice révoltante ! te sacrifier à ta sœur, toi, si bonne, si dévouée... toi qui fais ici l’ouvrage de trois commis... Mais qu’est-ce qu’elle a, après tout, pour qu’on te la préfère? elle ne te vaut pas... (Armement de Fanny.) Non,
clic ne le vaut pas... Qu’elle fasse donc un bordereau comme loi!
FAHNT.
Mon parrain...
G1CARDOT
Mais chut! voici Ion père et ta mère... laisienous.
FAKIST.
Oui, et priez-Ies bien.
G1RARDOT.
Sois tranquille... Va, va.
Faony sort.
vwuuwuuwmuwwuiMwuuuvuwuuuHAtuwvut