‹ Aînée et cadette [Texto impreso]Chapitre 36 sur 51 · CHARLOT, GIRARDOT, FANNY · texte numérisé non relu

CHARLOT, GIRARDOT, FANNY

CHARLOT

Oui, monsieur Girardot, il vous a demandé plusieurs fois.

C'est bien... je vais lui parler... mais je ne peux plus me reconnaître ici... d’une de mes chambres on a fait un garde-meubles de l’autre une buvette pour les musiciens .. impossible d’y être seul un instant!... Ouf!... je n’en puis plus !

CHARLOT

Voulez-vous une glace ?

GIRARDOT

Non...

CHARLOT

Elles sont excellentes.

GIRARDOT

Comment le sais-tu T

CHARLOT, déconcerté.

Ahl... c’est que je suis chargé de les offrir... et...

GIRARDOT

Tu t’en es offert?...

CHARLOT

Je y as chercher M Georges *.

GIRARDOT

Va... ( Allant pour s’asseoir. ) Ma fol, tout ce que je demande du bal, c’est un fauteuil !... Tiens!... Fanny...

FANNY, relevant la tête.

Ah!... {elle se lève et vient se jeter dans les bras de Girardot. ) Ah! mon parrain...

GIRARDOT

Et bien, me voilà, Niai... qu’as-tu donc ?

faîiüv.

Mon parrain... ahl que je suis heureuse de vous revoir!

GIRARDOT

11 y paraît l

FANNY

Avec vous... je puis pleurer sans me contraindre l

GIRARDOT

Ah î je comprends 1... c’est ce départ de Georges... hier encore je ne croyais pas votre amour

• Girardot, Fanny.

si avancé... ton père l’ignore, lui, mais quand il saura...

FANNY

I Usait tout!

GIRARDOT

Georges reste alors ?

FANNY

Non... plus que jamais on veut l’éloigner... et moi... on me marie...

Toi!..'

FANNY

Au fils de M. Durand...

GIRARDOT

Alfred?... c’est impossible... ton père l’a refusé dernièrement.

fanny.

C’est qu’alors il n’avait pas besoin de ce mariage pour assurer l’élcclion de monsieur le comte. •

GIRARDOT

Comment! il se pourrait!... Mais lune l’aimes pas, toi, ce M. Alfred !

FANNY

Qu’importe!

GIRARDOT

Mais tu seras malheureuse !

FANNY

Oui... mais ma sœur sera comtesse.

GIRARDOT

Cette amertume! toi ordinairement si résignée.

Ah ! il faut que tu souffres beaucoup, ma chère enfant !

FANNY

Oh! oui, beaucoup... Vous savez combien j’étais malheureuse avant d’être aimée de Georges... je vous ai tout avoué... mon désespoir, mes jalousies., l’affeciionde Georges avait tout guéri... et maintenant on veut m’ôter cette unique joie de ma vie, on veut me rendre à ma douleur d’autrefois, avec des regrets de plus. Oh! je n’aurai point la force de supporter ce changement. Si Georges part, si j'en épouse un autre, je suis sûre, i du moins, de ne pas souffrir long-temps!

GIRARDOT

Allons, Fanny. mon enfant, ne t’exalte pas I ainsi... je parlerai à ton père, moi... oui.

FANNY

! Ah! voudra-t-il se rendre!

GIRARDOT

Pardieu! il le faudra bien! je me mettrai >n colère au besoin... j’en ai l'habitude ! .. . Car, au fait, c’est une injustice révoltante ! te sacrifier à ta sœur, toi, si bonne, si dévouée... toi qui fais ici l’ouvrage de trois commis... Mais qu’est-ce qu’elle a, après tout, pour qu’on te la préfère? elle ne te vaut pas... (Armement de Fanny.) Non,

clic ne le vaut pas... Qu’elle fasse donc un bordereau comme loi!

FAHNT.

Mon parrain...

G1CARDOT

Mais chut! voici Ion père et ta mère... laisienous.

FAKIST.

Oui, et priez-Ies bien.

G1RARDOT.

Sois tranquille... Va, va.

Faony sort.

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