I. Mercure de France, 1er mai
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solitaires qui font songer aux vieilles rues de Bourges. Son logis était simple, coquet et respirait l'ordre... C'était unmince jeune homme brun, d'aspect très doux, vêtu de noir, les cheveux lisses, la moustache fine, rappelant un Barrés d'il y a vingt ans ' ... » Ceux qui ont approché l'auteur du Grand Meaiilnes pourraient compléter cette esquissedebiend'autres traits choisiset que la distance n'a pas encore effacés. Ce n'était pas seulement un Barrés jeune que rappelait Alain-Fournier, mais aussi un peu Musset, un peu Despax, ou plutôt ni l'un ni l'autre, mais, bien mieux, une créature chimérique, l'un de ces princes de conte dont Walter Pater, à propos de Watteau, a parlé dans
i. Hugues Lapaire, la Dépêche du Berry, 27 novembre 1914.
ses Portraits imaginaires. « Une pâle et charmante figure ' », un « jeune compagnon de lettres enthousiaste et mesuré, joyeux et réfléchi, aux sihautesqualitésdecœur... 2», ainsi s'offrait, dans la vie quotidienne, Alain-Fournier. Il se montrait « tout de grâce et d'honneur », a écrit ailleurs un autre poète 3, et on ne « pouvait le voir sans l'aimer ». Voilà ce qu'était, à travers le vif raccourci de quelques notes dictées par l'affection, le jeune écrivain qui avait réalisé ce précieux miracle de ramener l'aventure et la fantaisie dans le roman banal des réalités. Voilà celui qui, dans
i. Guy-Charles Cros, Mercure de France, ier mai 1919.