A ART
monde et sans danger, je dirais même sans inconvénients : les quelques rares oppositions qui furent si sensibles à Albarran dans ses premières périodes, satténuèrent très rapidement, et tous furent conquis à cette découverte vraiment géniale.
Ainsi était désormais acquise la notion du rein opposé, son existence, sa valeur comparative : le problème de la néphrectomie était résolu et Albarran pouvait écrire à la fin d'un de ses ouvrages: « On ne doit plus mourir à la suite d'une néphrectomie. » {1
Par ailleurs, le cathétérisme urétéral allait permettre à Albarran de pousser aussi loin que possible des études sur le fonctionnement des reins et plus particulièrement des reins séparés.
Tous ces travaux, toutes ces recherches si nombreuses, si variées sont résumées dans son livre magistral: L'exploralion des fonclions rénales, qu'il publiait en 1905. Il y apporte l'épreuve de la poljurie expérimentale, il y règle les conditions du débit uréique et y formule pour la première fois cette loi: « LORS DES VARIATIONS BRUSQUES DE LA DIURÈSE AQUEUSE. LA CONCENTRATION DE L'URÉE DANS L'URINE VARIE EN SENS INVERSE DE LA QUANTITÉ D'URÉE ÉLIMINÉE. »
Cette loi devra, quelques années plus tard, permettre à Ambard d'établir la constante uréo-secrétoire.
Tout ce qu'Albarran a pu développer dans ce livre était de valeur; c'était une voie nouvelle qu'il inaugurait de sa haute autorité et ce sont toutes ces recherches qui ont commandé et permis les découvertes ultérieures: à WVidai la découverte de l'azotémie, à Ambard et Papin celle de la concentration maxima, à Ambard celle de la constante uréo-sécrétoire. Ce sont tous ces documents si précieux sur la valeur fonctionnelle des reins qui ont préparé le livre ultérieur d'Ambard sur la Physiologie normale el pafhologique des reins et celui de Chabanis et Lobo Onel sur L'ExXploration fonctionnelle des reins; ils sont le complément naturel et nécessaire des recherches antérieures d'Albarran.
(1) Phrase que l’on trouvera autographiée dans la dernière figure de cette biographie.