‹ Albarran (Joachin),Chapitre 6 sur 11 · ME A · texte numérisé non relu

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En dehors de ces grandes acquisitions, Albarran apporta sur bien d’autres points des clartés nouvelles, car il entrait dans une question comme un rayon de lumière dans un paysage.

Voyons, par exemple, les tumeurs: il les étudia dans deux volumes: /es Tumeurs de la vVessie en 1892, au sortir même de son internat, et plus tard les Tumeurs du rein, avec Imbert. A propos des unes et des autres, il élève et élargit la question: il a déjà d'ailleurs publié un mémoire remarquable sur les /umeurs des gencives. Et il défend cette thèse: les tumeurs ne viennent pas des restes embryonnaires; elles naissent d'un épithélium adulte:

mais celui-ci peut, en se développant, engendrer des formes cel.

lulaires embryonnaires, et il décrit à la vessie des tumeurs de type allantoidien.

En outre, le primum :movens de la tumeur reste l'irritation, qu'elle soit microbienne, chimique ou physique. Et ces idées,

complétées aujourd'hui par de nombreux travaux, comportent encore une part de vérité qui prouve la perspicacité de son

observation et de sa pensée.

C'est encore à lui que l'on doit la découverte, avec Hallé, du colibacille sous le nom de bactéripyogène, et des infections

. anaérobies par les associations qu'il facilite.

Il émet encore la théorie, depuis longtemps vérifiée, que l'infiltration d'urine n'est qu'une périurétrite gangréneuse.

Sur le rein, il découvre la sclérose microbienne, précise le mécanisme jusqu'alors inconnu de l'infection descendante et formule, à l'aide de l'expérimentation et de l'anatomie patholo-

‘ gique combinées, une doctrine si juste et si vraie des infections

glandulaires que Claisse et Dupré pourront en faire, aux glandes salivaires et au foie, la vérification: ils en trouveront partout l'éclatante confirmation. Il montre comment, en cas d'obstacle au cours de l'urine, il existe une période aseptique caractérisée par la dilatation puis par l'atrophie des canalicules du rein accompagnée d'un léger degré de sclérose non inflammatoire. À un moment donné les organismes pénètrent dans la vessie et y pullulent: les

lésions deviennent infectieuses. L'infection locale du rein est

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simple, produite par une seule espèce microbienne, ou combinée, résultant de l'action de plusieurs espèces. Les microbes arrivent au rein par la voie ascendante ou par la voie descendante. Dans le rein ils se propagent par les canalicules et les espaces lymphatiques. Ils produisent la périnéphrite et aussi la néphrite suppurée. La fièvre urinaire est due à la pénétration des microbes dans le sang et à la réaction de l'organisme; si celui-ci est affaibli par l’âge ou la cachexie la fièvre manque ou ne se manifeste que par une élévation finale.

Enfin, couronnant toutes ces recherches, voici son livre magnifique, son 7railé de Médecine opératoire des Voies urinaires, où il présente sous une forme personnelle et originale toute la chirurgie urinaire. Pour éclairer chaque opération, il fait précéder la technique d'une description anatomique détaillée de tous les plans, puis vient la description de l'intervention avec les détails les plus complets. C'était une œuvre magistrale, la dernière, et elle resta le couronnement de toutes les innovations qu il avait réalisées dans sa carrière.

Ainsi, chaque fois qu'il abordait une question, il y apportait un trait de lumière: l'inspiration jaillissait à l'improviste et l'idée se présentait si clairement à son appel, qu'elle s'imposait immédiatement.

Quel était donc le secret de ce puissant novateur ? Quels étaient ses moyens, ses leviers, pour bouleverser si heureusement les conceptions acquises et les dogmes établis?

D'abord il comptait à son actif le long travail, le travail de patience et de génie que, pendant trente ans, son maître Guyon avait consacré à sortir l'urologie de l'empirisme et à la doter de. l'esprit scientifique.

Mais aussi il avait pour lui l'hérédité, la culture et le génie.

Il avait l'hérédité, car son père exerçait la médecine et lui avait passé les dons de discipline et de méthode qui avaient fait le

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