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il donnait avec un sourire son acquiescement il acceptait l'idée nouvelle, l'opération originale que l'élève sollicitait d'un esprit scientifique dont il avait plus qu'aucun autre mesuré la hauteur et apprécié la pondération.
Albarran avait pour les autres, pour ses collègues, la condescendance des natures supérieures; il avait de l'indulgence, il était aisément familier. Mais il n'aimait pas la contradiction et lorsque celle-ci se faisait persistante ou répétée, il se détournait avec mépris et refusait la discussion.
On lui reprochait beaucoup d'être étranger, de conserver un accent dont il ne put jamais se défaire complètement. Mais il avait reçu la grande naturalisation: devant sa maîtrise, les objections cessèrent et lorsqu'il fut présenté à la Faculté, c'est à l’unanimité qu'il fut désigné sous l'égide du Maître pour lui succéder.
Si d'ailleurs il fut critiqué et jalousé de son vivant, la postérité lui a rendu justice. Ï| a sa statue érigée en son pays sur une des places de Sagua-la-Grande. Une rue de La Havane porte son nom. À Paris un pavillon moderne lui est consacré, celui qu'a fait construire et dirige le professeur Chevassu et où se trouvent rassemblés tous les manuscrits d'Albarran, tous ses instruments et les premières ébauches du cystoscope à cathétérisme. Et ce qui est encore plus appréciable, il est resté dans l'esprit de ses contem. porains et de ses successeurs comme un animateur incomparable qui fit passer sur l'urologie le grand souffle du large.
Sa vie était écrasante d'activité. [l se dépensait sans compter. Son service à la Faculté, ses opérations, ses cours, une clientèle considérable qui lui venait de tous les coins du monde, c'était un continuel surmenage. |
Un jour, en opérant une tuberculose, il se fit une piqûre au doigt et contracta une lésion locale : elle dut être opérée. Mais le bacille était entré dans la place; il allait quelques temps après
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