MIDDELBOURG
ses yeux brillèrent d'émotion, et sans mot dire il se jeta au cou de Baertsoen.…..
Avant tout l'artiste veut se reconnaître dans la nature. L'important est de ne point s'arrêter à un motif favori — comme avait fimi par le faire le brave Thaulow, — et de conserver l'unité des émotions en s inspirant de sujets variés et en exprimant des nuances nouvelles. Se rendant à Bruges, et y apportant à son
tour un tribut d'admiration fervente, Baertsoen resta fidèle à son sentiment et maintint son inspiration dans la ligne-observée à Gand, Nieuport, Audenaerde, Veere. La mélancolie de Baertsoen ne devait-elle pas spontanément s'unir à la mélancolie idéale de Bruges? On ne saurait dire pourtant qu'il sy répéta et il est en place personnelle, parmi les nombreux peintres belges, français, hollandais, anglais, américains qui ont peint ou essayé de peindre la précieuse cité.
Quelques artistes belges doivent à la ville de Memlinc certaines de leurs meilleures œuvres. V. Gilsoul, en une poétique composition, a fixé la silhouette de la vieille Porte des Baudets vue de profil, au fond de l'étang qu'ornent les fines écharpes des brumes crépusculaires. Et ce tableau — où le vert des grands arbres, la tache étalée des nénuphars, la lueur allumée aux fenêtres des grosses tours vibrent en sourdine, — perpétue la beauté d’un site brugeois ravagé par les remblais, les pavages et surtout de criminels abatages.… Rodolphe Wytsman a traité avec des minuties de gothique, les masses pittoresques des toits rouges et pointus de la vieille cité et, dans des frises décoratives, a transposé largement la beauté du Lac d'amour et des moulins brugeois. M. Charlet a montré le charmant bâtiment du Greffe en temps de neige avec un groupe de femmes et d'enfants s'échappant de la rue de l’'Ane aveugle. Fernand Khnopff — qui a vécu sa première enfance à Bruges, — a exprimé le sortilège funèbre de la ville dans sa somptueuse figure : D'autre- Jois. Brangwyn, né à Bruges, ce que l'on ignore généralement, y a gravé ses Aäleurs rythmés et tragiques,