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RESIGNATION

Décoration d'une Chapelle d'Hôpital à Bank.

LA CHARITK

Décoration d'une Chapelle d'Hôpital à Berck.

si bien le personnage alangui de la jeune convalescente, est le suprême achèvement que nos cœurs ont apporté à la civilisation.

Mais il n'a pas tout dit, une œuvre importante est la continuation de celle-là. Ce sont maintenant les tares de la civilisation, qu'Albert Besnard racontera aux pauvres enfants tuberculeux de l'hôpital de Cazin-Perrochaud, à Berck.

Il inscrira dans leur église le tableau des injustices sociales et des vices qu'elles engendrent. Il dira que leurs maux physiques sont l'hérédité douloureuse du mal moral, et que la continuité de la vie des races nous fait un devoir de l'effort collectif. C'est à nous de construire la cité future, la cité idéale dont il ferme ce cycle.

Elle est sur la terre, cette cité, et l'homme y est heureux; il y est sain, parce que, depuis plusieurs générations, s'étant libéré de ses vices, il a compris la grande loi de la solidarité et conquis la science qui éclaire sa route.

La blanche et traditionnelle image du Christ figure dans chacune de ces huit compositions. N'est-elle pas depuis des siècles associée, dans nos âmes occidentales, aux idées de douleur et de rédemption ?

Après avoir exprimé des abstractions dans le mode approprié, Albert Besnard enrichit les murailles de la Sorbonne d'une somptueuse réalité.

Dans la décoration d'une salle de chimie, il prend pour thème la chime organique, qu'il intitule : la Vie renaissant de la Mort. Il représente en réalité le soleil à la fois vivifiant et corrupteur, le soleil qui active la décomposition d'un cadavre en putréfaction, et la floraison des plantes qui s'apanouissent autour de lui, s'enrichissant de sa substance.

Les compléments de cette composition, que je ne décrirai pas ici, renforcent l'idée et la dotent d'une réalité morale essentielle à toute réalité.

C'est par la loi d'amour qu'une fois déjà, dans une salle de mariage, l'artiste avait exprimé cette notion de continuité qui le hante.

Rappelerai-je enfin qu'Albert Besnard a peint des plafonds où sa fantaisie ailée plane au firmament des idées? Cette fantaisie qui le suit dans l'Ile heureuse où il nous fait entrevoir une des formes du bonheur : le repos du sage au sein de la nature et de la beauté.

Cette préface est le fidèle témoignage d'une amie d'un quart de siècle et de toujours, d'une camarade d'art, qui a cherché à démontrer l'unité d'une vie dont les œuvres sont les évévements importants.

Charlotte BESNARD.

Le grand public et les artistes savent que le talent prestigieux d'Albert Besnard leur réserve d'incessantes surprises. On l'admire, mouvant, voluptueux, enivré, tantôt lyrique et éblouissant, tantôt profond et intense. Il se plaît aux élans d'un cheval, à un fin profil de jeune fille ; puis il évoque les dunes et les ciels des mers du Nord ; ou il se voue aux plis ardents d'une robe, à la silhouette d'une actrice célèbre ; de là, il s'en va caresser la chair nue, dorée par les rayons du soleil ou par le « feu du charbon » que chante Baudelaire. Il allume une autre fois des ports chatoyants de villes avec la féerie rouge des crépuscules, ou bien il idéalise le frisson des découvertes modernes, écrit avec son pinceau sur les murs d'une école quelque fougueux et lucide De natura rerum. Cependant, on le célébrait surtout comme le peintre de la Femme et de la Joie, celui qui avait le mieux rendu le délicat sourire épars sur toutes choses. Mais Albert Besnard n'a pas voulu s'en tenir là. Nous assistons aujourd'hui à une évolution nouvelle plus haute et plus large qui honore ce talent aux écoutes de tous les cris intérieurs de son temps.

Cette crise d' âme qui en quelque sorte transfigure ce voluptueux ne saurait étonner que les esprits superficiels. Par le dehors, si son tempérament d'artiste est sensuel, c'est que le labeur cérébral, quand il se sustente de beauté, développe un noble et délicat

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