LE PORTRAIT DE FEMME ET SON DECOR
Extrêmement soucieux de vérité, d'étude serrée, dans ses tableaux de nus, où on le jugerait pleinement réaliste sans l'adjonction décorative de la féerie des reflets, M, Besnard envisage tout autrement la féminité lorsqu'il s'agit de la représenter vêtue, et lorsque se pose le problème de la ressemblance, un des plus complexes qu'on puisse aborder. L'union de l'élément décoratif — costume et bijoux, et de l'élément psychologique — personnalité du visage et de l'attitude — lui est apparue féconde en intentions subtiles, et propre à solliciter très spécialement son intelligence toujours curieuse d'hypothèses.
Ses idées, il les a exposées de façon fine, mesurée et spirituelle, avec la grande compétence du technicien et le tact de l'homme habitué au monde, en une conférence sur le Portrait que jadis la Revue Bleue lui demanda, et qui est un charmant morceau de critique d'art. Elles montrent une fois de plus que M. Besnard est également distant de l'académisme et de l'impressionnisme, car ni l'un ni l'autre de ces deux mouvements n'ont suggéré de pareils aperçus. Les réflexions suivantes pourront les commenter assez fidèlement.
Cl. Moreau frères.
PORTRAIT DE MADAME BESNARD (Musée de Rome)
Cl. Moreau frères.