‹ Albert Besnard, l'homme et l'œuvreChapitre 6 sur 35 · FEMMES D'ALGER · texte numérisé non relu

FEMMES D'ALGER

sont dominées par les montagnes de la Savoie et par un vaste ciel crépusculaire qui verse sur toute l'œuvre ses lueurs féeriques. Il n'existe pas de transposition plu?; véridique et plus somptueuse des effets de lumière des montagnes, et ce grand pa3'sage est un chefd'œuvre prouvant à quel point l'artiste, familier de ces sites, a su en comprendre le style et la magie. Il y a résumé des années d'observation de la montagne, de ses étranges prestiges atmosphériques qui l'intéressèrent et le séduisirent toujours en raison même de leur fugacité. Et ce serait encore une occasion de montrer avec quelles profondes différences techniques l'impressionnisme et M. Besnard ont abordé le problème de la lumière diffuse. Ici nulle division des tonalités par taches juxtaposées devant créer le ton de l'effet sur la rétine du spectateur. Toute tonalité est pure, et posée une fois pour toutes, sans mélange. Les dégradations de couleur selon les plans et le passage des crêtes de monts au ciel sont exprimées de façon toute classique par des teintes plates, de grands lavis légers et transparents, et il en résulte une sensation réellement aérienne. Mais ces observations pourront se reporter au chapitre où nous parlerons de la technique du paysagiste.

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