‹ Albert de Mun et le Parti Catholique: Thèse Complémentaire Présentée Pour le Doctorat ès LettresChapitre 13 sur 54 · LA LETTRE A L’AMIRAL GICQUEL DES TOUCHES · texte numérisé non relu

LA LETTRE A L’AMIRAL GICQUEL DES TOUCHES

Quelques jours après, Albert de Mun rédigeait un manifeste où 1l exposait à la fois le caractère et les objectifs d’un « parti catholique ». Daté du 8 septembre 1885, ce texte est rédigé sous la forme d’une lettre à l’amiral Gicquel des Touches 1.

Parmi les signataires du « Manifeste des Treize » figurait nous l’avons vu, le vice-amiral marquis Gicquel des Touches, ancien Ministre de la Marine dans le troisième cabinet du duc de Broglie (celui du Seize Mai).

L’amiral avait éprouvé une vive déception du peu d’attention éveillé par le manifeste et, de Versailles, il l’écrivit à Chesnelong ?.

Que pourrions-nous faire que nous n'avons fait ? demandait-il, vous me dites que notre Appel n’a pas à coup sûr été sans effet! Je le désire; je serais heureux que vous eussiez raison, mais pour moi je dois avouer que chez mes nombreux amis il n’en a produit aucun. Je n’ai reçu d'autre adhésion que celle d’une vieille amie de 77 ans. Il est vrai que c’est une âme d'élite.

Les journaux monarchistes ont fait le silence presque complet. Le Gaulois a inséré quelques phrases du programme dans un coin de ses colonnes et en caractères que l’on avait peine à découvrir. Le Correspondant, qui se dit

1. Né à Brest en 1818, il avait commandé la division navale de la Méditerranée à la fin de l'Empire. Considéré comme un spécialiste des questions de recrutement, il avait été premu grand oflicier de la Légion d'honneur en 1872. 2

2. Amiral Gicquel des Touches. Copie pour de Mun d’une lettre à Ches-

nelong, du 28 août 1885,

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