‹ Albert de Mun et le Parti Catholique: Thèse Complémentaire Présentée Pour le Doctorat ès LettresChapitre 33 sur 54 · LES REVIREMENTS PARLEMENTAIRES ET L'ORGANISATION DU PARTI · texte numérisé non relu

LES REVIREMENTS PARLEMENTAIRES ET L'ORGANISATION DU PARTI

La lettre au vicomte de Bélizal parut le 3 novembre 1885, avec un peu de retard, de Mun ayant pris le temps d'élargir ses consultations et de prévenir, écrit 1l à l’abbé Leroy, « tous les gros personnages catholiques dont l'opposition est à redouter et le plus grand nombre de députés possible. » 1 La date du 3 fut arrêtée en tenant compte de l'absence de journaux le jour de la Toussaint et du caractère contre-indiqué du jour des morts.

A ce moment de Mun est en possession de certaines réponses. L’attitude de la presse commence à se dessiner. Sa résolution paraît entière. Il veut désormais pousser de toutes ses forces à l’organisation du parti :

Ce qu'il faut maintenant ce sont des adhésions à publier d'avance ?, c'est-à-dire avant la rentrée des Chambres pour que la position soit prise. Si la réunion de Landerneau ? peut déterminer celle de tous les députés ce sera le meilleur résultat. Alors qu’on l’envoie de suile à Hyrvoix, pour éviter toute longueur. Dès maintenant, faites lui adresser l’adhésion écrite de M. Chaillotte que vous m'annoncez. Tâchez d’enlever M. Boucher.

1. Lettre à l’abhé Leroy, 31 octobre 1885 (papiers de Grandmaison). 2. Id. « Avance » est souligné dans le texte, ainsi que « de suite » et

« faites lui... »

3. Id. Il paraît s’agir d’une réunion politique post-électorale, à laquelle

de Mun est convié et où il ne lui paraît guère utile, dit-il, de se rendre.

On a vu que celui-ci se récusa.

On peut déceler un peu de nervosité dans cette lettre. Dès les premiers jours de novembie les parlementaires commencent à se regrouper, des nouvelles circulent. Et l’on peut juger par l’attitude plus réticente des députés bretons que l'impression générale est défavorable.

Les efforts de de Mun pour hâter la constitution du groupe parlementaire catholique se heurtent à un double obstacle. Une certaine méfiance chez les députés pressentis, un revirement chez les députés adhérants. Là, pour décider de nouvelles adhésions, de Mun et son collaborateur Hyrvoix ont besoin de proclamer les premiers engagements mais les adhérents hésitent, demandent le temps de la réflexion, en voyant l’incertitude de leurs collègues. Ainsi la méfiance du dehors crée une incertitude au dedans qui accroît à son tour celle de l’extérieur.

De Canterbury, le 5 novembre, de Mun écrit à l'abbé Leroy ce billet où il cache à peine son angoisse.

En hâte, M. Lorois m’écrit que l’autorisation de publier son adhésion est subordonnée à celle des députés du Finistère. J’ai dû lui répondre que MM. de Saint-Luc, de Legge, Roussin et Kermenguy seuls avaient adhéré, les autres n'ayant pas répondu et que Mgr. Freppel était contre. Je crains. Ne pourriez-vous aller l’encourager ? Mà lettre part en même temps que celle-ci et je lui demande de répondre télégraphiquement. J'attache un grañd prix à son adhésion publique.

M. De Mu.

Le 6, de Mun recoit du Prince de Léon le télégramme suivant :

Prière attendre pour publier adhésion t.

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