LE DÉSISTEMENT D'ALBERT DE MUN
Le 11 novembre 1885, l’Union de l'Ouest publiait un long article d'inspiration républicaine critiquant l’action politique d'Albert de Mun et celle de Cazenove de Pradines. Par un rapprochement inattendu, le journal continuait en critiquant l’œuvre littéraire d’un tout jeune écrivain catholique et monarchiste, René Bazin, dont le principal titre à cette publicité était sans doute d’être le beau-frère d’Hervé-Bazin.
Le fait n’avait en soi que peu d'intérêt, mais il fut le point de départ de relations bientôt amicales entre l’orateur du catholicisme social et l'écrivain qui allait devenir douze ans plus tard son premier romancier. Ces relations où l'influence de de Mun et de ses amis fut considérable sur l’écrivain et dont on pourrait retrouver les traces depuis « De toute son âme » jusqu’à « La Terre qui meurt », depuis « Donatienne » jusqu’au « Blé qui lève », elles se sont nouées quand René Bazin prit sa plume, le 12 novembre 1885, pour user de l’occasion que lui offrait l’association de son nom à celui de de Mun dans l’Union de l'Ouest. Dans une lettre très simple, 1l se disait le « sincère admurateur du caractère, de la foi et de l’œuvre » d’Albert de Mun. Rappelant qu’il appartenait depuis cinq ou six ans au Comité de l'Œuvre des Cercles d'Angers, il lui demandait d’accepter son dernier ouvrage : Stéphanette.
Cette lettre d’entrée en relations se termine sur une appréciation assez pertinente des récents événements :
Votre désistement, écrit-il, dans la pensée de ceux qui l’ont demandé dans leurs journaux, doit fortifier l'union
de la Droite à la Chambre. Mais 1] a réellement une tout
autre portéé : il affirme l'union, l'union jusqu'aux plus
durs sâcrifices de tous les catholiques avec la Papauté.