LE PARTI CATHOLIQUE ET LA RESTAURATION DE LA MONARCHIE
Dans la note sur le parti catholique, écrite quelque temps après ces événements et jointe aux documents qui s’y rapportaient, Albert de Mun a répondu pour la postérité au principal reproche que lui adressèrent, nous l’avons vu,
les milieux conservateurs, celui de compromettre l'Eglise tout en abandonnant la monarchie.
La réponse, de Mun l’aurait sans doute donnée dès k réunion du groupe parlementaire qu il entendait former, si les événements lui en avaient laissé le temps. Il nous semble que sa place est à la fin de ce récit. Rentré dans le silence de Canterbury, de Mun réfléchit aux objections qui lui avaient été faites et peut-être certains aspects du projet qu’il gardait l'espoir de réaliser se précisèrent-ils à sa pensée.
Rappelant que les évêques et les prêtres sont liés par le Concordat, de Mun y voit une raison majeure pour inviter les fidèles, qui ne sont pas liés, eux, à s'organiser en dehors du. Clergé, et à faire valoir leurs droits et revendications. Les Evêques et les Curés n’exerceront aucune action politique. Seuls les laïcs s’associeront «en citoyens ».
On peut objecter : ce parti existe, c’est le parti royaliste. Certes, réplique de Mun, le parti royaliste existe et le rétablissement de la monarchie est la condition indispensable du salut national. Mais non moins indispensable est d’avoir un gouvernement chrétien. Or
il y a dans le pays beaucoup de catholiques à qui la forme du gouvernement est indifférente. Ils demandent la satisfaction des droits de leur conscience et de leurs légitimes intérêts matériels. Interrogez les industriels, les patrons, : les hommes d’affaires chrétiens {il y en a plus qu’on ne pense) ; leur réponse est unanime : nous voulons un gouvernement qui réponde à nos besoins religieux et qui s'occupe de nos intérêts... C’est cette masse que les catholiques ont à entraîner et pour le faire, il leur faut montrer qu'ils sont résolus à agir pour la revendication des intérêts religieux et sociaux du pays. La conditon de leur influence est là.
Ces paroles sont comme un écho à la lettre d’Harmel. De Mun n’abandonne pas la Monarchie mais il constate que «beaucoup de catholiques, plus qu’on ne pense», l’ont abandonnée. Qu'il reconnaisse l’accroissement du nombre et de l'influence de ces catholiques-là et le Ralliement deviendra possible