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LA TENTATIVE ET LE RALLIEMENT

Le rapprochement de la tentative de 1885 avec le Ralliement est assez tentant. Cependant, nous hésiterions à conclure sur cette juxtaposition, si nous n'avions pour nous y encourager l’autorité d’un des principaux acteurs dé l’événement, le Cardinal Ferrata !, le Nonce du Ralliement. Avant de raconter l’histoire des événements aux-

quels il fut si intimement mêlé, le Cardinal ouvre ses

Mémoires par un coup d'œil en arrière, sur les nonciatures de ses prédécesseurs immédiats, s’arrêtant sur quelques faits importants.

Définissant le Ralliement comme une tentative de rapprochement entre le Saint-Siège et la France, le Cardinal

1. Frrrara (Cardinal Dominique). Mémoires. Ma nonciature en France, Paris, 1922, 631 p. in-8°.

cite l'initiative de 1885 comme une « tentative » préalab!e s’inscrivant, écrit-il, à la suite du « système de rapprochement implicite et diet » pratiqué sous la Nonciature de Mgr. Czacki.

Considérée dans cette perspective, la tentative de de Mun provoqua de la part du Saint-Siège une réaction, « qui, écrit le Cardinal, paraît en désaccord avec la politique pratiquée dans la suite ». Ce désaccord, le Cardinal l'interprète comme un coup de frein, le Saint-Siège ayant tiré de l’événement un triple enseignement.

D’abord la très forte opposition rencontrée montrait que le Saint-Siège devait trouver « une autre solution plus pratique, plus efficace, correspondant mieux au cours des événements ».

En second lieu, l’opposition des conservateurs avait « clairement démontré que l’'Œuvre entreprise. était audessus des forces d’un particulier et qu’il fallait une autorité supérieure pour la conduire à bonne fin. »

Enfin, la tentative de de Mun avait révélé les «très graves obstacles » qu’une telle politique pouvait rencontrer. « Il était prudent, conclut le Cardinal, de laisser l’action du temps diminuer ces obstacles au moins en partie. »

Nous ne pensons pas que Léon XIII et son entourage aient immédiatement tiré ces enseignements de l’événement, mais petit à petit, à mesure que se précisait l’évolution nécessaire de leur politique française, le Pape et ses conseillers ont dû se reporter aux événements de l’automne 1885 et en tirer des conclusions assez voisines de celles qu’énonce le Cardinal Ferrata.

Avec le recul du temps, nous pouvons à notre tour, replacer la tentative de 1885 dans le cadre de l’histoire religieuse de la France et de l’Europe ; nous avons essayé de montrer que ce n’était pas là une tâche dénuée d’intérêt.

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