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PORTRAIT DE PIRKHEIMER, GRAVURE SUR CUIVRE

en manteau garni de fourrure et large chapeau, avec un papier roulé à la main, qu'on croit être le banquier de Durer, Hans Imhoff l'aîné, effigie d'une simplicité grandiose, dont le musée du Prado s'enorgueillit. En 1526, les portraits des conseillers Jacob Muffel et Hieronymus Holzschuher (page 113) (tous deux au Musée de Berlin) montreront une semblable noblesse de conception, la même large et puissante exécution, la même vie intense.

A côté de ces œuvres superbes, voici un simple bois qui ne leur est pas inférieur : la grande estampe, de si belle allure décorative et de si admirable synthèse, où sont fixés les traits du protonotaire impérial Ulrich Varnbuler (1522; dessin préliminaire à Paris, chez le baron Edmond de Rothschild). Ce sont ensuite, gravés sur cuivre : en 1523, le cardinal de Brandebourg, archevêque de Mayence, estampe dite le Grand Cardinal (dessin préparatoire au Louvre) ; en 1524, le prince électeur Frédéric le Sage, et Pirkheimer, lui aussi perpétué de façon magistrale et vivante (page 117); en 1526, Erasme, d'après les dessins faits dans les Pays-Bas, et Mélanchton; la même année, en peinture à l'huile, le gendre de Pirkheimer, Johann Kleeberger (Musée impérial de Vienne) ; enfin, en 1527, un grand portrait de Durer lui-même, gravé sur bois.

Entre temps, cependant, quelques œuvres d'un autre genre occupent son activité. Il poursuit une série d'esquisses à la plume commencée dès 1520, consacrée de nouveau à retracer les scènes de la Passion du Sauveur : deux du Portement de Croix, datées de 1520 (aux

Offices de Florence), en 1521 trois de Là Mise au tombeau (au Musée germanique, à l'Institut Staedel et aux Offices), en 1523, une de La Cène (h FAlbertina), en 1524 un Christ au Jardin des Oliviers (Institut Staedel), montrent son souci constant d'atteindre toujours à plus de pittoresque et de vie. Un autre dessin à la plume, daté de 1524 (à FAlbertina), représentant une Adoration des Mages, était peut-être destiné à faire partie de cette suite.

Il faut citer aussi quelques gravures sur bois : une Cène ; une Vierge assise sur un banc de gazon (1526) ; le Siège d'une ville, grande estampe en deux feuilles (1527) ; quatre planches pour Y Art de la perspective de Paul Pfmzing l'aîné ; une douloureuse tête du Christ couronné d épines deux fois plus grande que nature, gravée en camaïeu et publiée après sa mort, etc.

Enfin, en 1526, voici son dernier grand ouvrage : les apôtres saint Jean et saint Pierre, saint Marc et saint Paul, groupés sur deux panneaux. Depuis longtemps, il rêvait de représenter d'une façon grandiose et caractéristique les douze apôtres : diverses études (au Cabinet de Berlin, à FAlbertina, à l'École des Beaux-Arts de Paris, etc.) et cinq gravures sur cuivre en témoignent. Cette fois, il choisit quatre des plus illustres, et en fit d'inoubliables figures, d'une grandeur sans égale. Debout, saint Jean et saint Paul placés en avant et drapés dans des manteaux de couleur rouge ou blanche aux plis amples, les quatre saints apparaissent dans la diversité, puissamment exprimée, de leurs caractères (qui les a fait sur-

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