‹ Albert DürerChapitre 4 sur 13 · LA VIE DE MARIE · texte numérisé non relu

LA VIE DE MARIE

gravures à! Apollon et Diane et de la Famille du satyre, libres copies d'estampes du Maître au caducée, et aussi dans les Quatre Sorcières (vers 1497) et le Rêve du Docteur (vers 1498). Durer lai-même, dans un projet de préface pour son Traité des proportions du corps humain, raconte de quelle ardeur juvénile il fut embrasé à la vue des études d'académies de Jacopo : « Il me fit voir un homme et une femme qu'il avait faits d'après certaines mesures. A cette époque, il m'eût été moins à cœur de voir

des royaumes inconnus que de connaître ses théories

J'étais à cette époque très jeune et je n'avais jamais entendu parler de ces choses-là. Cependant, comme l'art m'a été très cher, je me mis dans l'esprit d'arriver à un semblable résultat. Mais le dit Jacopo ne voulut pas m'expliquer bien clairement son système, je le remarquai aisément. Alors je pris mes propres œuvres, je les plaçai devant moi et je me mis à lire Vitruve, qui a un peu écrit sur les mesures du corps humain. C'est donc dans ou d'après ces deux hommes que je pris mon point de départ, et selon mes projets je poursuivis mes recherches jour par jour. » Et, en effet, plusieurs dessins de ce genre (à l'Albertina, au Cabinet de Dresde, au Musée de Brème, au Louvre, auBritish Muséum, dans lacollectionMitchell, etc.) témoignent de ces études, dont le traité des Proportions du corps humain fut l'aboutissement, et dont maintes figures de Durer gardent la trace. Mais il écrira aussi : « Les uns disent comme les hommes devraient être. Je ne veux pas discuter là-dessus avec eux; je tiens

la nature pour le seul maître, et la préteution des hommes pour une erreur. »

En l'absence de modèles, Durer dut chercher ses premiers types clans ces « chambres de bain » si nombreuses alors en Allemagne et si fréquentées : plusieurs dessins, qui vont de 1496 à 1516 (au Musée de Brème, dans la collection du duc de Devonshire, au Cabinet de Francfort) et deux gravures sur bois nous introduisent dans ces lieux de réunion où l'on mangeait, buvait et conversait pendant de longues heures. Ils montrent le souci prédominant de vérité qui, toute sa vie, anima Durer : tout entier à l'observation sincère de la nature, il n'a cherché à masquer par aucune habileté, aucun arrangement plus ou moins harmonieux et agréable, les réalités parfois très laides qu'il avait sous les yeux.

Il étudie de même, non moins consciencieusement, tout ce qui lui semble intéressant, retrace, par exemple, comme dans les six jolies esquisses à la plume lavées d'aquarelle (1500) conservées à l'Albertina, les curieux costumes des femmes de Nuremberg dans leur intérieur ou pour aller à la promenade, à la danse, à l'église. (D'autres études similaires sont au Cabinet de Francfort et à la Bibliothèque ambrosienne de Milan).

Et c'est enfin, en chaque occasion, la nature sous tous ses aspects. Il l'admire et F aime pour elle-même, d'un si profond amour, qu'il ne songe nullement à l'arranger en vue d'un effet à produire : naïvement, sincèrement, comme tout ce qu'il fait, avec une exactitude qui nex-

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