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LA TRINITÉ ADORÉE PAR TOUS LES SAINTS

(Musée de Vienne.)

reusement perdu aujourd'hui, sont sans doute les restes d'une collection plus importante), expert même en architecture, peut-être aussi sculpteur, mais sans qu'on puisse, avec Waagen et d'autres auteurs, l'affirmer et reconnaître sa main dans les ouvrages plastiques qu'on lui attribue.

Gomme Léonard, il composait aussi des ouvrages théoriques, illustrés de nombreuses gravures sur bois d'après ses dessins (dont plusieurs nous sont conservés), où il épanchait le trésor de science et d'observations minutieuses que son esprit, amoureux de vérité, amassait sans relâche : Quatre livres des proportions du corps humain, traité publié après sa mort, en 1528, par Pirkheimer à qui il était dédié (un volume manuscrit est à la Bibliothèque de Dresde) ; un Traité des proportions du cheval, ouvrage dont on ignore le sort ; une Instruction pour mesurer à l'aide du compas et de Véquerre, publiée en 1525, dédiée également à Pirkheimer ; un Traité de la fortification des villes, des châteaux et des bourgs, publié en 1527, puis traduit en latin et édité à Paris en 1531, dédié au roi Ferdinand Ier ; un petit manuscrit sur la peinture de paysage, mentionné par Pirkheimer, mais malheureusement disparu.

Dès cette époque, sa suprématie est partout reconnue : sculpteurs, graveurs, orfèvres, fondeurs, costumiers, libraires, s'adressent à lui, et à tous il fournit les modèles les plus variés de bijoux, de pièces d'orfèvrerie, d'armures, de fontaines, d'ustensiles de tous genres, de frontispices, d'ex-libris, d'armoiries, dont son génie si décoratif fait autant de merveilles, voire même de sculptures

(des dessins aux Offices, au Cabinet de Berlin et à Christ Church Collège d'Oxford semblent des esquisses d'un tombeau que Peter Yischer exécuta en 1517). Comme Le Brun en France au xvne siècle, il règne sur tout l'art de son temps, et son influence s'étend non seulement à l'Allemagne, où, longtemps encore après sa mort, ses élèves Hans von Kulmbach, Schaeufelein , Altdorfer, Aldegrever, Barthel Beham, Hans Sebald Beham, G. Pencz, etc., continueront ses traditions, mais encore aux Pays-Bas et même à la France, à l'Espagne, à l'Italie, où des peintres comme Andréa del Sarto et Raphaël (ce dernier dans les paysages de ses fresques aux Loges du Vatican) ne craindront pas d'utiliser ses compositions.

Durer, à ce moment, pendant de longues années, ne va plus s'occuper que de gravure. En effet, les estampes sur cuivre et sur bois constituèrent pendant toute sa vie sa principale ressource : gagnant à peine deux cents llorins pour une peinture qui l'avait occupé près ou même plus d'une année, l'artiste trouvait plus de profit dans les dessins de modèles que nous venons de dire et dans la vente de ses gravures, qui, répandues par les colporteurs jusqu'à l'étranger ou offertes par sa femme même dans les foires, obtenaient partout un succès qui se manifestait par de nombreuses contrefaçons. Il écrivait à Heller : « Je

D'après l'héliogravure Amand-Durand.

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