‹ Albert Dürer et ses dessinsChapitre 107 sur 163 · Cat. Posonyi, n · texte numérisé non relu

Cat. Posonyi, n

lavé d’aquarelle (cabinet des Estampes de Berlin) ; — de cette même série, à la plume, lavé d’aquarelle, trois autres feuillets dans la collection du baron Ed. de Rothschild : i° deux figures de femmes, l’une de face, l’autre de trois quarts à gauche, vêtues d’étranges costumes; au-dessus, cette légende : C’est ainsi que vont les gens du commun en Islande ; 1 52 1 et le monogramme; 2° trois femmes plus richement habillées, dont une porte une lourde houppelande qu’elle lève jusqu’au-dessus de la tète; au-dessous : C’est ainsi que vont les puissants en Islande ; 1 52 1 et le monogramme; 3° une femme, d’une dimension double des figures précédentes, avec une mitre, une grande chape rayée, et un chapelet entre les mains; en haut : C’est ainsi que vont les femmes riches en Islande ; 1 52 1 et le monogramme1; — L’Ensevelissement du Christ : à gauche, le corps du Christ est porté par des hommes qui s’acheminent vers le tombeau; à droite, toute une procession funéraire de saintes femmes, de prêtres, etc.; 1 52 1 (Offices); un autre Ensevelissement , dans le même esprit, à la plume, de la même année; figures moins nombreuses, mais de plus grande taille et traitées avec plus de style et de vigueur dramatique (collection du baron F. Schickler, à Paris); enfin une troisième composition, de la même année, montrant le Christ couché dans son linceul comme dans un hamac et porté au tombeau par quatre personnages suivis d’un grand nombre de fidèles; fond de paysage avec le calvaire dans le lointain; en bas, au milieu, 1 52 1 au-des-

i. Est-ce dans la suite de Christian II que Dürer avait remarqué ces Islandais? Notons à propos de ces costumes nationaux une petite ligure de jeune femme debout, les mains jointes sous un manteau fourré à longs plis retenu par une agrafe; elle porte un mouchoir en mentonnière et une étrange coiffure en forme de mortier; à côté, le buste de cette même figure, coiffé d’un chapeau plus élevé; à la plume; en haut : ein turgin (une Turque) et le monogramme (Ambrosienne) ; il est évident que ce n’est pas là une vraie Turque, mais plutôt une femme appartenant à quelque peuplade du Nord.

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sus du monogramme; à la plume (cabinet des Estampes de Francfort) ; ces trois projets sont évidemment pour une seule et même œuvre qui semble ne pas avoir été exécutée; — une tète de jeune homme aux cheveux bouclés, un peu inclinée sur l’épaule, de profil à droite, d’une expression tendre et souffrante; probablement une étude d’après nature pour un saint Jean; sur papier préparé violacé, au pinceau et à l’encre de Chine avec rehauts blancs; 1 52 1 et le monogramme; au verso, deux esquisses d’ogives sur chapiteaux, avec une inscription explicative (musée de Brème); — une buste de jeune fille vue de face, penchée vers la gauche, tète nue, les yeux à demi fermés; grandeur naturelle; à la pierre d’Italie, sur papier teinté de vert; 1 52 1 et le monogramme (musée du Louvre); — une Sainte Famille^ ainsi décrite par M. Reiset 1 : « La Vierge, assise, tient sur ses genoux l’enfant Jésus, qui se retourne vers sainte Catherine d’Alexandrie, agenouillée à ses pieds. Derrière ce groupe se tiennent debout saint Jacques le Majeur et saint Jean. A droite, un ange assis jouant de la mandoline; à gauche, un ange jouant de la basse. Sur le second plan, on voit saint Joseph appuyé contre la base d’une colonne, et lisant. » Daté 1 52 1 ; à la plume (collection du duc d’Aumale); — une composition très semblable à la précédente, portant la même date, et aussi à la plume, mais d’une exécution plus lourde (musée du Louvre); — enfin quelques natures mortes : i° un esturgeon, à l’aquarelle relevée de plume, et au-dessus, le même poisson dont une partie seulement est achevée, l’autre n’étant qu’indiquée comme si elle était encore dans l’eau (British Muséum) ; 2° un pupitre sur une table avec un livre ouvert2; au-dessous, deux livres superposés, et à côté, une boîte en métal; 3° une tète de mort couchée en travers sur une table; q° un vêtement de femme accro-

1. Description abrégée des dessins de diverses écoles, n° 3 x i .

2. Ce livre ouvert rappelle celui que l’on voit dans la gravure de l’Érasme.

ché à un porte-manteau. Ces quatre dessins, datés 1 5 2 1 , sont de la plus belle exécution ; les trois derniers à l’Albertine, sur papier violacé ; au pinceau avec rehauts blancs.

Le vendredi matin (12 juillet), Durer quitta Bruxelles pour rentrer par la voie la plus courte à Nuremberg; son journal finit par ces mots : « Le lundi (i5 juillet), nous traversons la ville de Juliers, nous arrivons à Berghen où nous mangeons pour trois sous. De là, nous partons pour Cologne. »

Malgré le bon accueil que Dürer reçut de tous côtés, malgré les nombreuses commandes qui lui furent faites, et auxquelles il satisfit par un travail incessant, malgré toutes sortes de transactions et d’échanges, ce séjour d’un an dans les Flandres 11e parait pas l’avoir beaucoup enrichi. Au moment même de son départ d’Anvers (ier juillet), il est forcé d’emprunter à Alexandre Imhof cent florins d’or : « Je lui donnerai en échange ma signature cachetée pour qu’il me la fasse présenter à Nuremberg ; sur quoi je le payerai aussitôt avec remerciement. » Cet important emprunt prouve assez que Durer n’avait pas amassé une fortune pendant son voyage aux Pays-Bas. Peut-être avait-il trop dépensé pour l’acquisition d’une foule d’objets précieux, expédiés par lui dans sa ville natale; peut-être encore les nombreuses gratifications et les libéralités de toute espèce qu’il sème çà et là avaient-elles épuisé sa modeste bourse d’artiste. Mais il semble plutôt que ses travaux aient été peu rémunérés, et qu’il n’ait pas su apporter dans ses opérations commerciales l’entente d’un homme d’affaires. Il se plaint, du reste, d’avoir été assez mal payé par tout le monde : «J’ai, aux Pays-Bas, dans toutes mes affaires, achats, ventes et autres, éprouvé des dommages, en tous mes rapports avec les hautes et basses classes, et particulièrement avec Madame Marguerite qui ne m’a rien donné pour tout ce que je lui ai fait ou offert. »

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sujets les plus variés, dont beaucoup sont empruntés au Nouveau Testament. D’abord un Crucifiement conçu avec cette simplicité qui lui est propre lorsqu’il traite ce sujet classique : le Christ est d’une expression toute nouvelle; au lieu de cette résignation et de cette miséricorde que les autres maîtres, et Durer lui-même, lui donnent ordinairement dans cette suprême agonie, les traits sont animés d’un sentiment de sombre douleur qui n’a point encore pardonné; à sa droite, la Vierge debout, en prière, enveloppée dans de très belles draperies, porte sur son visage amaigri les marques de poignantes souffrances ; la tète de saint Jean, placé à gauche, est d’un caractère indécis ; à la plume, sur papier blanc, 1 52 1 et le monogramme (Albertine). Puis une Descente de Croix d’une noble composition : la Vierge soulève de ses deux mains la tète et le bras gauche du Christ ; elle se penche, dans un mouvement d’une tendresse ineffable, sur ces restes sacrés, pour en contempler une dernière fois les traits défigurés par la douleur et par la mort; à gauche, une sainte femme joint les mains en regardant Jésus; à droite, saint Joseph d’Arimathie tient le vase aux épices; à côté de lui, saint Jean dont la charmante figure respire une profonde expression de douceur mélancolique; le corps du Christ est d’une grande beauté, bien que l’attitude en soit un peu contournée et d’un réalisme trop accusé ; à la pointe d’argent sur papier blanc préparé; i522 et le monogramme (musée de Brème). Enfin, une belle étude jusqu’à mi-corps d'un Christ fustigé, nu et assis; les mains croisées tiennent les lanières et les verges; ici encore, la victime ne se résigne point, les yeux regardent à droite et semblent menacer les bourreaux, les cheveux flottent épars ; le corps long, aux chairs un peu pendantes, fidèlement étudié sur le modèle vivant, manque de noblesse ; les bras surtout déplaisent par une longueur démesurée; à la pointe d’argent, sur papier préparé à fond verdâtre, avec des traces de rehauts blancs; i522 et le monogramme (musée de Brème).

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