‹ Albert Dürer et ses dessinsChapitre 115 sur 163 · CHRISTO SACRUM · texte numérisé non relu

CHRISTO SACRUM

Ille Del verbo magna pietate favebat Perpétua dignus posteritate coli.

En i526, Dürer dessine sur bois le portrait d’un poète célèbre du temps, avec lequel il avait contracté d’étroites relations d’amitié, Helius Eobanus Hesse, et qui joue un rôle important dans la littérature ancienne du xvie siècle. Lorsque Mélanchthon, à la prière du Conseil de Nuremberg, organisa dans cette ville une sorte d’université, la chaire de poésie fut confiée à Eobanus Hesse. Celui-ci fut un de ceux qui donnèrent le plus de regrets à la mort prématurée de Dürer; il composa à la hâte, pour la cérémonie des funérailles, un poème intitulé : Epicedium in funere Alberti Dureri, qu’il fit tenir au prédicateur Johannes Lang, d’Erfurt, avec quelques mots émus : Durerus , écrit-il, nuper excessit e vita, homo incomparabilis ingenii, cujus causa tantum non tota hœc civitas est in luctu. Ce même Epicedium fut aussi envoyé par Eobanus à Luther qui répondit en félicitant Dürer de l’opportunité de sa mort, ne qui dignus fuit non nisi optima videre cogeretur pessima videre.

La gravure1 (Passavant, 218) montre Eobanus presque en

1. On ne connaît que très peu d’épreuves de cette planche, l’une chez M. Mitchell et provenant de la collection du comte Enzenberg, dans le catalogue de laquelle elle est reproduite sous le n° 1199, et que nous donnons ici; l’autre en tête de 1 ’Epicedium d’Eobanus Hesse, au cabinet des Estampes de Berlin; une troisième chez M. Cornill, à Francfort; à l’Albertine, une épreuve sur parchemin. On en a deux copies différentes presque de la même dimension avec quelques changements dans les accessoires (voy. Heller, p. 285, nos 2173 et 2174). Passavant la décrit d’une manière

QiuTquis habes noftra fixes m imagine vuluis Non'us hac HeOo noucris effe nihii Talis enim puîchram Pegnefi Eobanus ad vrbcm Poft feptem vitæ condita luftrafuit»

Page 1