‹ Albert Dürer et ses dessinsChapitre 50 sur 163 · S AMS ON TERRASSANT LES PHILISTINS · texte numérisé non relu

S AMS ON TERRASSANT LES PHILISTINS

( Dessin en Camaïeu delà CollectionHiüot )

A. Quan tin lmp. Edit.

Dujardin sc.

RESURECTION DU CHRIST d'après la copie du Musée du Louvre

et, sous le porche, deux, petites ligures minuscules, Dalila coupant les cheveux à son amant ; au-dessous de la mêlée, dans le soubassement, deux petits diables aux pieds de bouc, séparés par une boule, l’un s’arrachant les cornes et hurlant, l’autre replié sur lui-même et cachant sa rage. Des deux côtés, des vases remplis de fleurs; à droite, deux anges s’efforcent de fixer dans un socle de forme carrée la pointe d’une colonne qu’ils entourent de leurs gros bras; celle-ci, de style Renaissance, très ouvragée, s’élance jusqu’à la sombre tour avec une légèreté gracieuse et porte sur son chapiteau un guerrier armé de toutes pièces, symbole de la Victoire *; tout à fait dans le bas, des deux côtés de l’inscription, des anges musiciens sur des dauphins, et derrière la pancarte, deux satyres aux figures grimaçantes.

Dans l’autre panneau du diptyque, le Christ s’enlève au milieu d’un chœur d’anges et de séraphins dans une auréole radieuse, la main droite levée pour bénir, la gauche tenant la longue hampe d’une oriflamme victorieuse ; au-dessous, le tombeau vide et les gardiens, quelques-uns dormant, d’autres examinant l’intérieur du cercueil abandonné, ou éblouis par les rayons que projette le Christ2.

1. Des colonnes et pilastres de ce genre reparaissent fréquemment dans les œuvres de Durer. Sans parler de la Grande Colonne (B. 129) dont l’étude, un dessin aquarellé, est au British Muséum, et des motifs analogues qui se trouvent dans le Livre d’heures de Maximilien , dans Y Arc triomphal, etc., citons une sorte de pilastre avec mascarons et grotesques à la Holbein ; tout le long, des enfants soutenant des vases, des cigognes aux cous enlacés, des hiboux chimériques ; l’ensemble est conçu avec une simplicité tout italienne ; à l’encre de Chine sur fond noir (British Muséum). En outre, deux colonnes bien allemandes, avec cette légende das sind Stôrch (ce sont des cigognes) ; l’une d’elles, surmontée d’une chauve-souris aux ailes déployées, est posée sur les épaules d'un homme debout sur une hotte; l’autre, sur un balustre, est ornée dans le bas de masques de lions; sur la base, deux enfants nus dont les bouches vomissent de l’eau (projet, peut-être, de quelque bizarre fontaine); en haut, les attributs de la Comédie; à la plume, lavé d’aquarelle, monogramme et 1 5 1 5 (British Muséum).

2. Signalons une certaine analogie entre un de ces gardiens (le dernier à gauche sur le premier plan) et un des personnages de Y Ensevelissement du Christ, bronze

ALBERT DÛ RE R

Le soubassement est occupé par des figures analogues à celle de la partie correspondante de l’autre panneau : deux petits diables pleurant dans les coins, appuyés contre une sorte de sarcophage; dans le rectangle inférieur, des deux côtés de la pancarte, des anges sur des dauphins; au-dessous d’eux, une base avec des ornements de feuillage. 11 ne faut pas chercher une liaison trop étroite entre la partie supérieure et la partie inférieure de chacun de ces dessins; toutefois on peut supposer que les diablotins, qui donnent des marques si vives de désespoir, pleurent le triomphe de Samson et la Résurrection du Christ, pendant que les anges musiciens célèbrent ces deux événements par des chants d’allégresse. Les deux dessins, d’un fini prodigieux, qui n’enlève rien à la vigueur de la factureront sur papier d’un ton gris vert, à la plume et au pinceau, lavés et rehaussés de blanc. La composition est originale et pleine de gracieux caprices; les détails d’architecture se marient avec une fantaisie piquante aux différentes parties de l’œuvre. Le meilleur des deux morceaux est le Samson, et pour le sujet, moins rebattu que l’autre, et pour bétonnante vigueur de la conception ; c’est aussi le mieux conservé.

Dans la collection de M. Blasius, une étude pour la Résurrection du Christ, croquis à la plume sur papier blanc, composé comme l’œuvre définitive , sauf quelques légères différences. Le sarcophage du bas a la forme des tombeaux qu’on voit dans les églises au-dessus des autels; sur ce sarcophage est étendu, enveloppé d’un manteau, le cadavre d’un vieillard qui a disparu dans le diptyque. Les caractères inscrits sur la pancarte sont illisibles. A l’Ambrosientie, un projet de la bataille contre les Philistins, à la plume

attribué à Riccio. La pose des deux hommes est la même : tous deux, accroupis, cachent dans leurs mains leur tête chevelue. Ce bronze, dont les épreuves sont assez nombreuses, fait partie de la collection offerte au Louvre par M. His de la Salle.

sur papier blanc, avec la date i5io. La scène est disposée plus en largeur que le diptyque, mais les dimensions en sont beaucoup plus grandes; une indication de paysage dans le fond 1.

Page 1