‹ Albert Dürer et ses dessinsChapitre 88 sur 163 · Paul Schoneauer mourut à Colmar en · texte numérisé non relu

Paul Schoneauer mourut à Colmar en

4. Ces armoiries sont indiquées dans Y Armorial de Siebmacher, planche 63.

dessin; à droite au-dessous, tenant un bonnet dans ses mains, le donateur agenouillé, à qui un séraphin semble expliquer la scène céleste; au-dessous encore, les armoiries du donateur; le bas et le milieu sont remplis par des anges qui se précipitent sur les monstres qu’ils chassent ou qu’ils tuent. Le tout est dessiné de la plus fine et légère plume de Durer; composition1 claire et très mouvementée. Un des membres de cette famille '2, Jost Schilling, sans doute le donateur du dessin, construisit, en 1507, la chapelle et l’autel de Saint-Stanislas, dans l’église paroissiale de Saint- Jean, à Wissembourg 3. Sur un mur de cette chapelle était peint un Jugement dernier } dont on voyait, dit-on4 5, il y a quelques années, des traces aujourd’hui disparues Ü Quelle connexion peuton supposer entre cette peinture murale et le dessin du British Muséum ? La date de ce dessin {i5og) suit de près celle (1507) de la fondation de la chapelle Saint-Stanislas; d’autre part, il est à noter que les armoiries dessinées par Durer sont précisément celles du fondateur de cette chapelle.

Nous nous arrêtons avant d’avoir entièrement exploré le

1. Au même musée, une copie de ce dessin, datée i5i3,etun autre Jugement dernier : le Christ sur un globe; de chaque côté un séraphin soufflant dans une trompette; au-dessous, au milieu de nuages, un homme et une femme (les deux donateurs) agenouillés ; en bas, le groupe des élus et celui des damnés. Le tout dans un encadrement qui montre, d’une part, les bienheureux s’élançant vers le ciel, de l’autre, les démons culbutés ; puis deux hippogriffes, l’un précipitant un damné dans l’enfer, l’autre tournant une broche qui transperce un second damné; en haut, un vase d’où partent des rinceaux; à la plume.

2. Une partie de cette famille s’était fixée en Pologne, une autre en Alsace.

3. Voy. B. Hertzog, Elsaesser Chronik, p. 210. Strasbourg, 1 5g3.

4. Voy. Kraus, Kunst und Alterthum in Unter-Elsass , page 622.

5. Une lettre que nous écrivit, il y a deux ans, M. Bastien, pasteur de Saint- Jean, constate que, lors des restaurations faites, vingt ans auparavant, aux murs qui séparent la nef du chœur, on mit à nu des restes d’une peinture murale que quelques personnes compétentes crurent être un Jugement dernier du xvc ou du commencement du xvic siècle. La restauration de ces restes ayant été jugée impossible, le tout fut recouvert d’un badigeon.

vaste champ des hypothèses. Certes nous aurions pu, sans trop de difficulté ni d'invraisemblance, mener notre voyageur en beaucoup d’autres lieux; mais nous savons avec quelle rapidité on se laisse entraîner sur la pente aussi séduisante que glissante des conjectures, et nous nous sommes borné aux seules déductions que nous fournissaient les dessins mêmes. 11 nous suffit quant à présent d’avoir fait connaître un voyage qui avait jusqu’ici échappé aux biographes de notre maître, et d’avoir montré, pièces en main, les deux grands noms de Durer et de Holbein réunis, sinon dans une collaboration avérée, du moins dans une commune pensée.

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