‹ Albert Dürer et ses dessinsChapitre 99 sur 163 · CHIEN DE -GARDE COUCHÉ · texte numérisé non relu

CHIEN DE -GARDE COUCHÉ

British Muséum.

légèrement esquissé : une large rivière avec quelques arbres et, dans le fond, une espèce de château fort; au-dessus, le mot Zoll (péage); au verso, une admirable vue en perspective de l’hôtel de ville d’Aix (feuillet du carnet, collection du duc d’Aumale); 2° les portraits de deux patriciens de Nuremberg: l’un, Paulus Topler, longue barbe, front haut, cheveux retenus dans un filet, figure irrégulière et trè^ expressive; l’autre, Martin Pfinzing, tête large et courte, imberbe, d’une expression boudeuse; grand

chapeau rond, cou nu, buste chargé d’une épaisse fourrure ; en haut, entre les deux têtes, Pawel Topler , âgé de LXI années; audessus, à droite de Pfmzing, Martin Pfmzing, âgé de XX? années ; plus bas, fait à Aixx (feuillet du carnet, chez M. Holford, de Londres); 3° un chien de garde couché, tourné à droite, d’une exécution tout à fait supérieure; au-dessus, fait à Aix; au verso, une femme parée d’une haute coiffure, se promenant vers la droite ; une autre, sur un plan plus éloigné, à gauche, avec un manteau tombant, et un chapeau de forme originale (feuillet du carnet, British Muséum); 4" toujours dans le carnet d’étude, la vieille cathédrale d’Aix, flanquée de ses deux flèches, et les environs, avec ces mots de la main de Fauteur : Zn> Ach, das Munstr, à Aix, la cathédrale (collection de Mn,e Vve Grahl, à Dresde).

Quelque dispendieux que fussent les déplacements dans ces temps de communications difficiles, Durer se tire à peu de frais de toutes ces excursions. Jusqu’à Aix-la-Chapelle, son voyage ne lui avait coûté, tout compris, que trois florins. Dans beaucoup de villes il est hébergé et entretenu par « ces messieurs de Nuremberg » ; ailleurs il est défrayé de presque toutes ses dépenses, soit par les corporations artistiques, soit par de hauts personnages et de riches amateurs. Toutefois, cette hospitalité n’était pas entièrement gratuite; en retour de ces témoignages d’amitié et d’admiration, notre maître distribue ses propres œuvres avec une trop grande libéralité : tantôt il donne au consul de Portugal « un petit bois représentant un enfant, Adam et lève, Saint Jérôme en prière, Hercule, Saint Enstache, la Mélancolie et une Némésis » ; puis, sur demi-feuilles, trois nouvelles figures de la Vierge ; « Véronique,

1. Paulus Topler, d’une famille noble de Rothemburg, établie à Nuremberg, mourut en 1544, âgé de quatre-vingt-huit ans; Martin Pfmzing se distingua dans les guerres contre Soliman (voy. Thausing, Briefc, etc., p. 219). Durer mentionne ainsi ces deux dessins dans son Journal de Voyage : « J ai dessiné dans mon livret les portraits de Paulus Topler et de Martin Pfmzing. »

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Saint Antoine , la Nativité et le Crucifix ; mes meilleures gravures sur quart de feuilles (huit pièces), les trois livres de la Vie de la Vierge, Y Apocalypse, la Grande Passion, la Petite et la Passion sur cuivre »; et Dürer ajoute : « Tout cela vaut bien cinq florins. » Tantôt il dessine en grand, sur bois, l'écusson pour les deux sei-

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