‹ Albert DurerChapitre 14 sur 99 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

cette période de formation, dont j'ai fixé approximativement le terme aux alentours de l'année 1496, des cuivres assez nombreux et importants. Cependant on ne saurait taire que la critique actuelle a tendance à rajeunir considérablement les cuivres de Durer1. Friedlaender, dans son dernier ouvrage, ne classe avant 1496 qu'une seule petite planche intitulée : Le Violent et qui représente la Mort, sous l'apparence habituelle d'un homme sauvage, s' efforçant d'attirer à lui une femme. L'aspect archaïque de cet ouvrage, l'absence de signature font soupçonner que, s'il s'agit d'un Durer, ce pourrait bien, en tout cas, n'être que la copie d'une œuvre inconnue du Maître du Cabinet d'Amsterdam. Pour les autres planches, la discussion sera toujours ouverte puisque Durer s'est abstenu généralement de les dater jusqu'en i5o3. Néanmoins il serait bien étrange que l'élève posthume de Schœngauer — qui a travaillé exclusivement le cuivre — ait attendu si longtemps pour s'essayer à cette technique. En bonne logique, on devrait au contraire admettre que c'est aux cuivres qu'il faut demander les renseignements les plus authentiques sur les premières tentatives de Durer. Dès lors il paraît légitime de se ranger à l'opinion traditionnelle, suivant laquelle un certain nombre de planches, où le travail du burin témoigne de quelque incertitude, et où l'influence italienne est encore presque nulle, ont dû être exécutées avant le premier voyage d'Italie ou, si l'on veut, avant la découverte de Mantegna. Si l'italianisme ne s'y reconnaît guère, il ne faudrait point croire que l'on trouvera chez le seul Schœngauer l'inspiration de ces cuivres. Durer a beaucoup regardé, plus peut-être, un autre artiste, ce Maître du Cabinet d'Amsterdam, dont je citais le nom. On s'en est avisé assez tard, car le Maître du Cabinet d'Amsterdam a conservé longtemps une physionomie assez fuyante, due

Page 1