‹ Albert DurerChapitre 22 sur 99 · L. 454 et · texte numérisé non relu

L. 454 et

anonyme, la JHortd'Orphée\ Dans certains cuivres on trouvera des inspirations de Pollajuolo. De sorte qu'il faut parler d'une influence des grands dessinateurs italiens, avec prépondérance de Mantegna; mais non point d'une influence exclusive de Mantegna. Et c'est la marque italienne, en général, sans qu'on puisse préciser s'il a copié un dessin ou une gravure particulière, que portent les deux Saint Sébastien, petits cuivres à peu près contemporains des grandes planches de nu.

De ces grandes planches, les Quatre Sorcières, datées 1497, sont la seule où se manifeste avec évidence l'étude du modèle. D'ailleurs on y trouve des emprunts au curieux Bain de Femmes du Musée de Brème, daté de i^g6\ qui avait été probablement destiné à être gravé sur bois pour faire pendant au Bain d'hommes, la seule étude de nu que l'on trouve exécutée vers cette époque suivant cette technique populaire. Les Quatre Sorcières témoignent donc de la même étude directe. Le buste de celle qui se trouve à gauche est trop long pour ses jambes, et commence à s'empâter. Celle du centre, dont le dos est magnifique, a des bras un peu minces. Mais, en même temps, les Sorcières sont bien autre chose que cela. D'abord ces quatre Sorcières, ce sont en réalité les Trois Grâces. Ce n'est pas parce que Durer a ajouté au second plan une quatrième femme, dont la présence ne s'imposait point, ce n'est pas parce qu'il a artificiellement plaqué sur sa planche quelques attributs bizarres : une tête de mort, un visage de démon, une boule suspendue portant les initiales O. G. H. — attributs qui contribuent d'ailleurs à rendre le sujet à peu près incompréhensible — qu'il peut faire méconnaître son intention. Ces nus étudiés à l'atelier, il a voulu les rassembler en un groupe, librement mais manifestement inspiré des groupes de sculpture antique. Bien plus, il a stylisé les

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