‹ Albert DurerChapitre 38 sur 99 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

bert Durer donne de lui-même, probablement vers la même époque. Je veux parler de ce célèbre portrait du peintre, que l'on voit à la Pinacothèque de Munich, et où il s'est montré tel, sans doute, qu'il désirait qu'on le vît. Tout y révèle l'apprêt : la frontalité absolue de la pose, la rigoureuse symétrie et la stylisation des cheveux, la complaisance avec laquelle la figure a été corrigée pour correspondre aux canons de la beauté (car Justi a montré qu'il s'agit d'une figure construite). Certes ce portrait contient des merveilles : ne fût-ce que la main admirablement traitée pour ellemême, comme un chef-d'œuvre, mais il a popularisé une figure de Durer assez prétentieuse, assez pédante : une figure de Christ laïque, qui n'est certainement ni ressemblante, ni vivante. Car nous savons que Durer n'avait point cette physionomie fade et régulière. Sur une médaille de H ans Schwarz, qui date de i5iq, les traits sont énergiquement, trop énergiquement, accusés, le nez aquilin n'a aucun rapport avec le nez droit du portrait de Munich. Bien que flatté encore, le portrait du jeune homme, en 1498, devait se rapprocher beaucoup plus de la réalité, que celui de l'homme fait. N'importe, c'est ce portrait de Munich qui restera toujours, pour son caractère théâtral, le portrait populaire de Durer.

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