CHAPITRE CINQUIÈME
même temps que les premiers. Ily a malheureusement à cette hypothèse des objections insurmontables. Une vue de château, qui est au Louvre1, a été employée dans la gravure du Saint Eudtache, certainement antérieure au second voyage d'Italie. Une grande aquarelle de Trente2 a été réutilisée dans un dessin de Windsor, quiporte l'inscription mystérieuse « Pupilla Augusta », et qui devrait être datée des environs de i5oo3 (bien qu'il porte le millésime, ajouté après coup, de i5i6). Enfin un paysage des environs de Nuremberg, appelé le W^eiherhaus, la maison de l'étang', se retrouve dans la gravure de la Vierge au Singe, dont la date ne doit guère être postérieure à i5oo. Il est hors de doute, par conséquent, que certains paysages, parmi lesquels des paysages de la route d'Italie, sont antérieurs à i5o6. Par réaction contre l'opinion d'Éphrussi, en a ensuite accepté presque entièrement celle de Haendcke. Pour lui quasi toutes les aquarelles du Tyrol et du Trentin seraient du premier voyage, en î/fçô. Pendant le second voyage, celui de i5o6, Durer voyageait, paraît-il, trop vite pour peindre. En réalité, tout ce système de Haendcke repose sur l'hypothèse qu'il existe un groupe naturel contenant à la fois des aquarelles certainement antérieures à i5o6 et d'autres encore, et que rien ne peut être distrait de ce groupe. Or de telles affirmations, quand on songe à l'homogénéité générale des aquarelles de Durer, alors même qu'il est bien prouvé qu'elles appartiennent à des époques différentes, paraissent singulièrement hasardeuses. L'analyse de Haendcke n'est pas impeccable : Louise Klebs l'a soumise à une sévère critique, qui a été confirmée par de récentes découvertes : c est ainsi qu'il trouve un style très avancé, une manière très large