‹ Albert le Grand et Saint Thomas d'AquinChapitre 29 sur 118 · Albert le Grand, professeur · texte numérisé non relu

Albert le Grand, professeur

Dès ce moment, nous avons plus de détails sur sa vie. En effet, les écrivains de Tordre ont dû tenir à honneur de livrer à la postérité la figure de leur illustre confrère dans la plénitude de la lumière. Et cependant ils ne nous disent pas ce que nous aurions voulu savoir de préférence, c'est-à-dire la manière dont Albert s'est développé scientilîquement. Nous aurions aimé suivre le cours de ses études, voir un à un ses progrès dans la science et assister à l'épanouissement de sa vie intérieure. Ces écrivains parlent sans préambule et tout aussitôt du grand maitre en toute science, du professeur universellement exalté et du modèle de toutes les vertus. Ce n'est

donc qu'une simple supposition de la part d'écrivains plus récents, quand ils prétendent que le jeune moine a séjourné pendant un certain temps à Bologne, pour s'y livrer à l'étude de la théologie. Ce qui est certain, c'est qu'Albert n'a plus guère étudié, et que ses supérieurs, pour en tirer parti, l'envoyèrent en Allemagne, dans les villes où les disciples de saint Dominique avaient été accueillis, afin qu'il y professât la philosophie et la théologie.

Nous le trouvons à Cologne, puis à Hildesheim, où, depuis 1233, l'ordre possédait une maison; nous le rencontrons aussi à Fribourg, à Ratisbonneet à Strasbourg. On montre encore aujourd'hui, dans le couvent des dominicains de Ratisbonne, une salle donnant sur le cloître, où Albert réunissait ses auditeurs, et une chaire du haut de laquelle il leur dispensait la science. Peu après 1240, il enseigna de nouveau à Cologne. Il était dans cette ville lorsqu'on y envoya de Naples Thomas d'Aquin, qu'il devait introduire dans la connaissance des lettres. Nous voyons par là jusqu'où, à cette époque, s'étendait déjà sa célébrité. Mais, en 1245, maître et disciple quittèrent Cologne et se rendirent à Paris.

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