Condamnations des erreurs théologiques et philosophiques
Or il on était grandoment temps. Plusieurs et même un erand nombre de maîtres, pour ne pas en venir aux: mains avec l'autorité ecclésiastique, et pour pouvoir, sous les apparences de Torthodoxie, continuer sans empêchement le genre de vie qu'ils menaient , inaugurèrent la doctrine selon laquelle une chose pouvait être parfaitement vraie selon la théologie et fausse selon la philosophie et réciproquement. Cette doctrine d'abord voilée, se découvrit peu à peu. Elle est la même que celle des humanistes du xv^ siècle, et elle a été à différentes reprises condamnée par r Eglise. Ces maîtres dont nous parlons et qui partageaient l'homme pensant et croyant en deux moitiés hostiles et irréconciliables, ne voulaient pas pour cela s'abstenir d'attaquer la foi et de censurer la révélation ; au contraire, c'étaient tout juste eux, comme saint Thomas s'en plaint dans un livre expressément écrit contre eux,
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qui dans les écoles philosophiques maltraitaient le plus audacieusement les questions dogmatiques ^ Il ne leur suffisait pas de se précipiter dans le sanctuaire comme des animaux immondes, ils voulurent encore jeter le doute sur les plus saints mystères dans l'esprit prématuré de leurs jeunes disciples. Ils crurent en avoir le droit. Il fallut qu'une défense portée en 1270 et renouvelée l'année suivante menaçât de destitution ceux qui continueraient à enseigner de la sorte, pour mettre un terme à une aussi odieuse conduite.
Déjà en 1220, au grand scandale de tous les croyants, on avait publiquement discuté sur la question de l'existence de Dieu ^. Plus tard, on soumit à la spéculation philosophique celle de savoir si les âmes séparées des corps étaient susceptibles de souffrances. Dans ces discussions, on se servait d'expressions comme si déjà l'on était séparé de l'Église. Ainsi Ton disait : « Tel est le fondement selon lequel les catholiques croient devoir maintenir cette proposition. » De cette manière, comme dit saint Thomas, on peut