S. Bernard, Epist., glxxxviii, n
\A-: DOCTEUR AN(iKLini ;: loi)
élevés, on se moque des Pères parce qu'ils ont dit qu'il valait mieux se taire sur ces dogmes que de vouloir les scruter. Voilà comment la finesse humaine veut tout se soumettre et ne plus laisser de place à la foi. Rien n'est trop élevé au([uel la sottise ne croie pouvoir atteindre, rien trop fort qu'elle ne croie pouvoir surpasser. Elle se précipite dans le divin et préfère souiller le sanctuaire plutôt que de F ouvrir. Elle ne rompt pas un sceau, mais le met en pièces; et là où elle ne trouve pas d'accès, elle aime mieux nier qu'il y ait quelque chose derrière l'ouverture à travers laquelle elle ne peut pénétrer. »
Cependant ce dont se plaint saint Bernard n'était que le commencement du désastre ; ce n'(Hait que l'initiation à cette ère de chutes continues dans lesquelles la foi chrétienne devait faire naurage. En effet, Simon de Tournay poussa en avant et fraya le chemin à tous ces sectaires que 'évêquede Paris, Etienne Templier, condamna. Ils avaient inauguré le rationalisme, mais non pas un rationalisme plat et commun comme celui des .wiii*^ et xix'' siècles ; le leur était intelligent et conséquent. Or c'est avec ce rationalisme que le Docteur angélique eut à lutter, c'est de lui
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qu'il dut triompher. Dans la lutte il suivit l'exemple de son divin Maître ; il ne cria pas, il ne querella point ; le Seigneur avait déposé en lui son Esprit, et lui-même n'eut de repos jusqu'à ce qu*il eût rendu victorieux le droit de la foi vis-à-vis de la raison. C'est le triomphe de ce droit qui seul pouvait rendre possible l'édification d'une science de la foi et d'un corps de doctrines qui devaient laisser bien loin derrière elles les plus hautes prétentions que l'on a cru jusque-là pouvoir adresser au traitement scientifique des dogmes religieux, sans pourtant qu'ils pussent toucher à la foi elle-même.
Telle était la tâche réservée à saint Thomas d'Aquin ; il devait la saisir dans son ensemble et la résoudre dans sa plus haute perfection.
Cependant là n'était pas tout ce qu'il avait à accomplir. Un second devoir étroitement lié au premier vint s'imposer à lui.
LE DOr/riiUR ANdÈLiUl !•: