‹ Albert le Grand et Saint Thomas d'AquinChapitre 95 sur 118 · I.K DOCTKL'H ANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

I.K DOCTKL'H ANGÉLIQUE

« connut ni irrite ni violent , quoiqu'il eût

« maintes fois des motifs pour se fâcher, surtout

^ lorsqu'on venait lui prendre son temps, un

« temps si précieux, pour le consulter sur des

d niaiseries, ou qu'on voulut le surprendre à l'im-

a proviste, dans l'espoir qu'il ne fût pas armé

« pour la défense. Il était toujours bienveillant,

« impartial, consciencieux. On ne le vit jamais

« descendre à des petitesses. Il apparaît plus

« qu'aucun autre Père entouré d'une auréole

« de douceur. Cette vertu dominait également

« en saint Augustin, son modèle et son père dans

.ce la science ecclésiastique. Il n'effrayait pas ses

« adversaires pour en avoir plus facilement rai-

« son, comme saint Jérôme ou saint Hilaire de

« Poitiers. Grégoire de Nazianze a laissé une

« savante et solide dissertation sur la modération

« dans les discussions scientifiques iOrationes de

« pace très) y que le Docteur angélique a encore

c( mieux réalisée pratiquement que Grégoire ne

« l'a décrite. On chercherait vainement dans ses

a livres des reproches, du mépris, de l'ironie, de

« la moquerie, des exagérations, que l'on rcn-

« contre souvent même chez les écrivains reli-

« gieux. Il a répudié les finesses, les agaceries,

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« les railleries, que saint Grégoire de Nazianze « appelle des plaies qui, semblables à celles de « l'Egypte se sont glissées dans l'Église de Dieu. « Il ne s'est jamais permis d'ourdir des trames « pour attraper les autres, il n'a jamais usé de jeux « de mots ; partout et toujours il est resté dans « cette admirable gravité qui convient à un « esprit supérieur et à un saint ^ »

Tous ceux qui ont étudié les œuvres de saint Thomas d'Aquin, sont unanimes pour exalter la plus surprenante clarté et la plus parfaite transparence, unies à une inimitable sobriété et à une incomparable harmonie. Il ne s'y trouve ni sautj ni lacune, ni oubli. Ce sont là incontestablement des privilèges de la grâce de Dieu (^). Mais nous qui nous trouvons incapables de l'imiter, ne nous serait-il pas permis de demander si la brièveté et l'ordre que nous trouvons dans ses écrits ne sont pas un effet de Fart? Dans l'affirmative, qu'aurions-nous à répondre à une semblable question, si ce n'est que l'art esi; précisément ce qui rehausse avec éclat le mérite de

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