Saint Augustin, Rélract,, liv. I, c. xiii, n
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ment produit, sans innovation préméditée dans la doctrine, sans lutte à outrance avec le pouvoir civil, sans combat dramatique avec l'Olympe, grâce à ce simple fait, un impétueux élan vers la beauté morale, par les héros orthodoxes du moyen âge sur une société farouche et dissolue, de plus, quelque peu blasée sur l'explication didactique des Écritures, leurs exploits bien autrement personnels acquièrent une originalité saisissante. Saint Pierre et saint Jean furent de bons ouvriers : saint Dominique et saint François sont de grands artistes. Cela suppose, n'est-ce pas, une force singulière, d'avoir su bouleverser les âmes sans toucher aux croyances et tout remuer sans rien briser? Dominique et François n'annoncent plus la bonne nouvelle; ils commentent seulement la donnée du Sermon sur la montagne, mais avec cette ivresse et ce feu qui font ressembler à une bandelette d'écarlate les lèvres de la fiancée du Cantique des cantiques quand elle descend du Liban et s'avance vers son seigneur. « Retirez-vous^ aquilon! Venez j 6 vent du midi! Soufflez de toutes parts dans mon jardin et que les parfums en découlent * / » Nos héros ne baptisent point : ils régénèrent; leurs habits ne sont point tachés de sang : ils n'étaient que désintéresse-