RETOUR DU COLLÈGE
Huit années se sont écoulées depuis les derniers événements ; Albert doit, dans quelques jours, terminer un excellent cours d’études.
Grand, un port noble et agréable, un front large et découvert, de grands yeux noirs où brillait l'intelligence et sc reflétait la beauté de son âme, une voix tenant à la fois de la douceur et de la
ll force, et attestant de sa modestie et de la fermeté 1 de son caractère, un maintien grave et respec- | tueux ; tous ces äÿantages physiques ajoutés à ses
qualités morales en faisaient un jeune homme accompli.
Ses parents adoptifs n'avaient eu qu’à se féliciter de lui et l’aimaient tendrement ; pour M. Ste-
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vens cependant, Albert avait un défaut capital et ce défaut, vous l'avez deviné, cher lecteur, Albert était catholique. Déjà plusieurs fois il avait essayé de lui faire abandonner ses exercices de religion, mais sa mère adoptive, frappée de la fer. meté des convictions religieuses d’Albert, intervenait chaque fois en disant : Laisse-le faire, il ne faut pas abuser de sa jeunesse et de sa position ; tout occupé à l'étude et trop jeune encore, il ne peut s’apercevoir de ses erreurs.
Disons de suite que, tout en faisant l’orgueil de ses parents adoptifs par sa soumission et son respect à leur égard, son aptitude et ses succès à l'étude, il n'avait point cessé de pratiquer ses exercices de religion. Ferme et inébranlable dans ses convictions, il répondait toujours : Laissezmoi, je vous prie, vivre et mourir dans la religion que m'a léguée ma bonne mère, religion dans laquelle j'ai appris à connaître et à aimer Dieu.
Eva avait seize ans ; sous le rapport des qualités extérieures, il était difficile de rencontrer une jeune fille aussi accomplie. Plutôt grande que petite, d’une taille souple et élégante, un front pur encadré d’une chevelure blonde tombant en larges tresses sur des épaules charmantes, de grands yeux couleur de ciel, une bouche mignonne et toujours souriante, des joues vermeilles ; le tout
rehaussé par la blancheur de son teint, la grâce r de ses mouvements, la dignité de son regard, une . u voix et des manières qui semblaient indiquer un 3 Hi 1 âge plus avancé. En un mot, douée de toutes les : vé
grâces de la nature, elle possédait encore les plus belles qualités de l’âme.
Une tendre amitié n'avait cessé de régner entre et Albert et Eva, et cette amitié, à laquelle s'était i joint un respect réciproque, avait grandi avec eux. Jamais frère ne fut plus tendre, plus respec- , ef tueux pour sa sœur, et jamais sœur ne fut plus aimante pour son frère.
Les vacances d'Albert allaient commencer bientôt ; aussi attendait-on son retour en comptant les heures et les minutes.
Ce jour tant désiré arriva enfin pour la satis- | ss faction de tous ; jour de joie et d’orgueil pour M. : Stevens, qui s'était rendu au collège pour étre : témoin du triomphe d’Albert ; jour de bonheur j ce
pour celui-ci qui, en bon fils, vint déposer sur les ! vo genoux de son bienfaiteur les prix nombreux et j la médaille d’or que sa bonne conduite et ses suc- 3 | cès lui avaient mérités ; jour d'attente pour ma- 0 va dame Stevens et Eva.
Oui, Eva l’attendait et, dans son désir impa- 3 hà tient, elle ne cessait de regarder la pendule ; elle }
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