‹ Albert ou L'orphelin catholique [microforme]Chapitre 22 sur 62 · PRE ET · texte numérisé non relu

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qu'ils crurent en ce que saint Paul leur enseignait, et qu'ils obéirent aux enseignements de cet apôtre, sans discuter, sans protester, sans même prétendre au droit d'interpréter à leur manière ou mettre en doute son autorité,

— Bravo! dit le monsieur anglican, voilà qui est bien dit, et si ces messieurs sont logiques, ils devront convenir que vous avez dit la vérité.

De grosses sueurs inondaient ia figure du ministre.

— Ni saint Paul, ni les autres apôtres n’ont jamais exercé d'autorité où commandé aux autres de leur obéir, dit M. Campbell. Tout ce qu'ils ont fait, ce fut de précher la parole de Dieu.

— Est-ce par ignorance de la Bible que vous parlez ainsi? Va-t-il me falloir, encore une fois, vous prouver que le catholique qui, d’après vous, ne la lit jamais, la connait assez pour se bien conduire s’il le veut? Prenons encore saint Paul, votre auteur favori ; je vais vous citer plusieurs textes ; d'abord:

“ Obéissez à vos guides et soyez soumis à ieur autorité, car ce sont eux qui veillent au bien de vos âmes comme devant en rendre compte.” (Hébreux, chap. 13, verset 17.)

Plus loin, 1l dit en s'adressant à ceux qu'il avait ordonnés prêtres :

sei- ‘ Que les hommes vous regardent comme les de ministres de Jésus-Christ et comme les dispensaans teurs de sa grace.” (Corinthiens, chap. 4.) eur | ‘ Par lequel vous avez reçu la grâce de l’apostolat pour soumettre à la foi tous les peuples.” qui (Romains, chap. 1.) ils ‘ Le Saint-Esprit vous a établis évêques pour | gouverner l'Eglise de Dieu.” (Actes, chap. 20, mi- Fe vers. 28.) À Vous faut-il d’autres preuves, messieurs? Vais- ’ont je vous citer d’autres apôtres pour vous prouver tres que ces mêmes apôtres ont reçu une autorité diu’ils vine, pour vous prouver qu'ils ont exercé cette autorité, et que leurs successeurs les ont imités ous et les imiteront jusqu’à la fin des temps? La Bifois, ble, la tradition et l’histoire l’ont prouvé. A mon ous, tour, je vous demanderai: croirez-vous saint bien Paul ?

aul, Les deux ministres gardèrent le silence. eurs —$Saint Paul a dit, continua Alb:rt: lisez les saintes Ecritures, c’est-à-dire lisez les prophéties | ieur pour vous convaincre que le Christ mort et resde suscité est véritablement le Messie promis et anbte.” noncé par les prophètes. Après cela, vous obéi-

rez au ministère qu’il a constitué pour gouverner son Eglise, à ceux qu’il a chargés de faire exécuter ses volontés. Voilà l’enseignement formel de

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saint Pierre, de saint Paul et des autres apôtres. l'E Voilà le commandement et la volonté de Jésus-

Christ. ‘ Allez, a-t-il dit, enseignez les nations, baptisez-les. Qui vous écoute, m'écoute, qui vous ‘à: méprise, me méprise.” Saint Pierre, saint Paul et

les autres apôtres, forts de ia promesse de leur

divin Maître, forts de l’autorité qu'ils venaient

de recevoir, ont dit: Nous sommes les ministres

de Dieu, les dispensateurs de ses mystères ; nous

avons mission et autorité de gouverner son

Eglise pour le bien de vos âmes. Ecoutez-nous,

parce que Jésus-Christ le veut. Leurs successeurs

en font autant. Vous, “ous dites: Lisez la Bible,

ayez la foi et cela vou: suffit pour vous sauver.

Qui dois-je écouter? Lequel des témoignages

dois-je accepter? D'un côté une loi portée par Jésus-Christ, loi suivie :idèlement par les apôtres

et leurs successeurs jusqu’à ce jour ; de l'autre

côté, ‘ne loi non définie et datant depuis trois 4 bert cents ans à peine, une loi assujettie depuis ce Ne temps à amendements sur amendements, accep- Can tée aujourd’hui pour être rejetée demain, parais- de p sant ou disparaïssant suivant la volonté ou le van caprice de ceux qui l’ont rédigée. Vous ne m'ac- | + cuserez pas de parler par préjugé ou malice : j'ai laiss prouvé la vérité de tout ce que j'ai dit. Il me cette

reste donc à obéir à l'autorité des pasteurs de

j'ai me

ALBERT OU L'ORPHELIN CATHOLIQUE 131 l'Eglise de Dieu, et c’est cette obéissance qui me do.ne cette liberté inconnue au protestant, qui

.est et qui restera toujours l’esclave de son opi-

nion, de son jugement de sa raison toujours raisonnant.

Les deux ministres, irrités de leur défaite, ne savaient que répondre. Obligés de reconnaître la vérité des arguments de notre héros, ils n’osaient plus émettre leur opinion pour appuyer leurs raisonnements. Le monsieur anglican, approuvant le principe d’une autorité pour gouverner l'Eglise, était heureux de la victoire remportée par Albert. M. Stevens, tout en admirant l’héroïque défense de son fils adoptif, n’en était pas moins irrité à cause de la défaite et de l’humiliation de son pasteur ; madame Stevens et Eva, au contraire, éprouvaient de la joie.

— J'attends votre preuve du contraire, dit Albert.

—Vous êtes un aveugle de naissance, dit M.

Campbell avec aigreur, et il nous sera impossible de parvenir à vous faire voir la lumière de l’'Evangile.

—Et dans son obstination à ne pas vouloir se laisser guider ar ceux qui peuvent lui faire voir cette lumière, Dieu permettra qu’elle s'éloigne de lui pour toujours, ajouta le ministre.

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