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établie durant son séjour ici-bas ; il est vrai que cette route est parfois rude et étroite, mais regardez et voyez ces guides disséminés je long de cette route ; ce sont mes ministres, mes pasteurs, dont la mission est de vous aider et de vous conduire sûrement au terme de votre voyage. Allez, mon enfant, nous dit-elle, ayez toujours la vue fixée sur cette porte, sur ce divin Rédempteur ; il rendra votre démarche plus facile, votre fatigue plus légère. En parlant ainsi, messieurs, notre Eglise, appuyée sur les promesses de Jésus- Christ, parle avec connaissance de cause ; el'e ne peut ni se tromper, ni tromper le fidèle confié à ses soins. Elle vous a fait connaître ces choses, à vous comme à moi ; et je me demande la cause de cette haine et de ce mépris que ous lui portez. Vous êtes venus ce soir pour me prouver que j'étais dans l’erreur ; comment avez-vous fait votre preuve? La vérité a-t-elle besoin de l’injure ou de la calomnie pour l'appuyer ? A vous de répondre.
—AÀ quoi sert-il de vouloir ouvrir les yeux à un homme qui les ferme obstinément à la lumière? dit M. Campbell avec colère.
—Je crains que votre fils ne soit longtemps rebelle, dit le ministre en s'adressant à M. Ste.
ému.
quelle ment de la ce? } par lu aussi ce de sieurs,
vens ; le mal est tellement enraciné en lui qu’il sera difficile de le guérir.
—Je vous avoue, messieurs, que la tâche sera rude, dit M. Stevens ; mais, Dieu aidant, nous réussirons. Je n'ai pas voulu intervenir dans cette discussion de peur de l’intimider ; j'espérais cependant ne pas rencontrer autant d'opposition de sa part. Puis prenant un ton grave, il ajouta en s'adressant à Albert: Mon fils, je dois te dire, devant ces dames et ces messieurs, que tu devras renoncer à tes erreurs, à tes superstitions, si tu veux rester sous ce toit qui t'a abrité depuis ton cnfance,
Deux larmes coulèrent le long des joues d’Albert, et sur l’assentiment de sa mère adoptive, il sortit di. salon.
—Mon Dieu, serait-il possible ? se dit Eva.
—C'en est trop, dit madame Stevens d’un ton ému. Albert est et sera toujours mon enfant, quelle que soit la religion qu’il professe. Comment, après les injures et l'ironie qu'il a dû subir de la part de ces messieurs, tu ajoutes la menace ? N'’a-t-il pas le droit, comme nous, de juger par lui-même ? et certes, son jugement n'est pas aussi erroné qu'on le prétend, et sa connaissance de la Bible nous a pris tous, même ces messieurs, par surprise. N’a-t-il pas montré sa bonne
foi en demandant des preuves qu'on n’a pas jugé à propos ou qu'on était incapable de donner? De plus, qu’avons-nous à lui reprocher? Doux, obéissant, doué des plus belles qualités, il n’a cessé de nous causer les plus grandes joies ; sa tenacité à ses principes, à sa religion est une preuve de sa grande âme, et me le fait estimer davantage. Son intelligence, aidé de l'instruction qu’il possède, fera plus que toutes ces discussions aigres qui, le plus souvent, nous irritent les uns contre les autres, et causent tant de dissensions parmi nos sectes protestantes.
—J'aurais cru que tu m’aurais secondé dans mes efforts pour le convertir, dit M. Stevens. Tu sembles, au contraire, vouloir le seconder dans son entêtement à rester papiste.
—Loin de là, mais prenons des moyens loyaux, légitimes. Ouvrons-lui les pages de l'Evangile, de l’histoire, de ces ouvrages qui traitent des fausses doctrines de son Eglise. Ajoutons à cela la n1tience et la persuasion, ce sera plus efficace.
— Vous avez raison, madame, dit le monsieur anglican ; votre fils adoptif est très intelligent et possède une grande connaiïssance de l'Evangile. Il l'a prouvé ce soir tout en dévoilant son amour pour Dieu et son désir de le bien servir. Il vous témoigne, de plus, un grand respect.
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ALBERT OU L'ORP'AFLIN CATHOLIQUE 137
—Si j'ai parlé ainsi à mon fils, dit M. Stevens, qui se repentait déjà d'avoir été aussi sévère, c'était pour produire sur lui un bon effet, sans vouloir donner suite à ma menace.