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plus rien pour lui, 1l n’y pense plus, bien que ces derniers le pléurent encore et le pleureront tant que la vie les animera. Je vous le demande, messieurs, la raison seuie ne repousse-t-elle pas une pareille pensée? Et cette pensée s'accorde:t elle avec la justice et la bonté de Dieu ?
—C'est une superstition de croire que les saints peuvent intercéder pour nous, dit le ministre,
— Une superstition, dites-vous ? Sur quo: basezvous cette asscrtion ?
— Sur la raison et sur la Bible. En effet, n’estil pas ridicule de croire que les saints peuvent entendre les milliers de personnes qui s'adressent à eux ? S'il en était ainsi, ils auraient une puissance égale à celle de Dieu.
— Aussi ridicule, monsieur, que de croire que les millions de chrétiens vivant encore, peuvent se faire entendre du divin Médiateur. C’est vrai, tout ce que vous ne comprenez pas, que vous ne voulez pas comprendre, est pour vous ridicule. Vous devez croire pourtant que Dieu donne un bonheur parfait à ses élus, qu'il les glorifie.
-— Oui.
— Alors Dieu rend les facultés de leur âme plus brillantes, plus belles et plus vivaces, n'estcc pas P
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—C'est ce que nous croyons.
—Donc, leur inémoire, leur intell zence et leurs sympathies sont plus vives ; ils se souviennent donc de ceux qu'ils ont laissés combattant encore sur la terre ; ils comprennent donc mieux les dangers et les combats de ces derniers; ils connaissent donc à un plus haut degré les misères et les faiblesses du corps mortel, En conséquence, leurs sympathies augmentent et, dans leur désir de les aider, ils supplient ce Dieu qu'ils voient sans cesse, de jeter un regard de miséricorde et de bonté sur ceux qu'ils ont laissés sur la terre, sur ceux qu'ils ont aimés et qu'ils aiment encore plus ardemment. Privés de cette prérogative, les saints ne jouiraient pas d’un bonheur parfait, car ils ne pourraient voir sans peine leur père, leur mère, leurs frères, leurs sœurs ou leurs amis perdre le salut, et cela, sans pouvoir leur venir en aide. Une question, s’il vous plaît.
—Certainement, —Qu'auriez-vous fait si, chrétiens comme vous
l'êtes et vivant du temps de Jésus-Christ, vous eussiez rencontré sa mère P
M. Lyons et le ministre se regardèrent sans répondre,
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— Que feriez-vous en ce moment si la Vierge Marie passait près de vous P
I] faudrait pour cela un miracle, ce qui n'est guère probable, dit M. Lyons.
—Mais ce qui pourrait changer vos sentiments à l'égard de celle qui occupe le rang le plus élevé et des anges et des hommes, de celle que Dieu le père a créée et appelée sa fille, que Dieu le Fils a acceptée et aimée comme sa mère, que Dieu le Saint-Esprit a choisie pour son épouse ; de celle qui a é‘é créée “uniquement” pour coopérer à notre rédemption ; créature unique, création spéciale élevée au-dessus des autres créatures, placée, suspendue, pour ainsi dire, entre la création et le Créateur. Voilà les titres qui appartiennent à Marie, et si nous l’honorons comme telle, c'est en l’honneur de son Fils, de ce Dieu fait homme pour nous. Comme mère, il lui a fallu participer aux douleurs et aux souffrarnces de son divin Fils, comme il lui a fallu aussi participer à l'amour de ce divin Sauveur pour nous. Si Jésus-Christ nous a aimés, et làdessus nul doute n’est admissible, elle aussi nous a aimés. Si Jésus-Christ a souffert pour nous, elle aussi a souffert par rapport à nous. Jésus-Christ et sa mère ont cessé de souffrir, mais ni Jésus- Christ ni sa mère n’ont cessé de nous aimer. Ce
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divin Sauveur, avant de mourir, nous l’a léguée comme notr2 mère en la personne de son disciple bien-aimé, et depuis ce temps, elle n'a cessé d'être la mère des homimes, et une mère remplie d'amour pour ses enfants. Voulez-vous des preuves, messieurs, il me sera facile de vous les donner ; mais veuillez donc répondre à ma question.
— Nous lui aurions certainement porté un grand respect, dit M. Lyons.
— Ne lui auriez-vous pas demandé d'intercéder pour vous auprès de son divin Fils ?
—-Nous lui aurions probablement demandé de s'intéresser à nous, dit le ministre. Vivante, cils pouvait venir en aide à ses frères vivants ; mais étant au delà de cette vie et ayant reçu sa récompense, elle n’a plus de relation avec les vivants, aveè la terre, et ne peut plus entendre les prières, les invocations qui lui sont adressées. Jésus-Christ seul nous reste.
—Alors, l'utilité ou l’inutilité, l'efficacité ou l'incfficacité de l'intercession repose donc uniquement sur cette chair mortelle, tant qu’elle est enveloppée dans la matière ; mais, une fois dépouillée de cette enveloppe périssable, une fois que notre âme est rendue parfaite, glorifiée et jouissant du bonheur le plus parfait, de toutes les plus belles facultés, toute communications
toute relation avec la terre cesse. Je vous ai prouvé, il y a un instant, toute l’absurdité d’une telle doctrine, qui ne peut s’accorder avec la justice et la bonté de Dieu. Où avez-vous puisé cet enseignement? sur quelle autorité vous basezvous pour proclamer et accepter une telle doctrine? Est-ce sur la raison ? Non; Dieu ne laisse pas dans un tel oubli l’homme qu'il a créé pour être sauvé ; les témoignages en sont frappants, Est-ce sur l’enseignement de la Bible? Non encore ; elle nous fournit la preuve du contraire ; d’abord dans les anges en mission sur la terre ; daus les prophètes et autres ensuite. Est-ce sur la théologie basée sur la révélation? Je le nie encore ; la saine théologie démontre clairement que le ministère et l’intercession des anges et des saints nous est non seulement favorable, mais nécessaire en bien des cas. Votre raisonnement vient donc du préjugé conservé par le protestant contre tout ce qui est catholique. Ici-bas, messieurs, plus la position d’un homme est élevée, plus il jouit de crédit, de puissance, non seulement vis-à-vis de ses inférieurs, mais aussi vis-àvis des gouversrants de son pays. Et si cet homme est bon, s'il est généreux et charitable, il usera de son crédit et de son influence pour aider ses inférieurs et ses égaux. Pourquoi n’en
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