‹ Albert ou L'orphelin catholique [microforme]Chapitre 35 sur 62 · OO = A · texte numérisé non relu

OO = A

it M.

;s allez digne

dit Ale vous vens à

Mon

recondevoir tenez à

accon-

pitaine

ravane,

dit le capitaine. Je prends ce jeune homme sou, mes soins, et je défendrai sa vie aux dépens de la mienne.

— D'ailleurs, nous ne courrons aucun danger, dit Albert. Ne faites pas objection, monsieur, je

vous promets de revenir sur mes pas au moindre danger.

—Faites faire les préparatifs du départ de la caravane, ajouta le capitaine. Si dans une heure, nous ne sommes pas revenus, vous pourrez avan-

cer ; mes soldats serviront d'avant-garde, comme d'habitude.

—Mais, pourquoi partir cette nuit, par une telle obscurité? dit M. Lyons.

—Elle nous sera favorable, croyez-le, dit le capitaine. Si sauvages il y a, ils ne se douteront pas de notre passage à travers ce ravin par une telle obscurité, et au lieu de nous surprendre demain matin, comme ils le méditent peut-être, nous les surprendrons nous-mêmes cette nuit.

— Vous savez qu’ils n’aiment pas nos réverbères, ajouta Albert en souriant.

— Bravo, bravo, s’écrièrent plusieurs,

— Nous allons simplement nous assurer s'il y a des sauvages, reprit Albert; si nous n'en trouvons pas, nous reviendrons de suite sur nos pas,

et la caravane pourra prendre son repos ordi- t naire. l — Et vous me promettez de revenir aussitôt q qu'il y aura du danger? dit M. Lyons. f — Je vous le promets, monsieur. d — À cette condition, je vous laisse partir. Puis, a s'adressant au capitaine, il ajouta : Je vous con- te fie la vie de ce jeune homme. b

—Soyez sans crainte, dit le capitaine.

Quelques minutes plus tard, le capitaine et et Albert, bien armés, sortaient du camp et s’enga- | ti geaient d..ns le ravin en gardant le plus grand bi silence.

Il fallait un courage à toute épreuve pour ne pas reculer devant une pareille entreprise. Ce ravin, aux parois presque perpendiculaires qui

| s'élevaient à une grande hauteur, et leur parais- | saient comme des spectres noirs, rendus plus as noirs encore par l'obscurité ; çà et là de larges crevasses ressemblant à des gueules béantes prê- sa tes à dévorer, à engloutir le téméraire qui oserait

fl en approcher; des rochers immenses, comme ap! (il suspendus au-dessus de leurs têtes et menaçant drs juil à chaque instant de s’écrouler, semblent attendre, des fl épier leur passage pour tomber sur eux et les

écraser. Ni l’un ni l’autre cependant ne semble pra éprouver la moindre crainte, la moindre inquié-

me

ordi-

ssitôt

Puis, , COnN-

ne et ’engagra nd

pur ne se. Ce res qui paraiss plus larges es prèoserait comme Pnaçant tendre, et les semble inquié-

tude. Le corps penché en avant, l'oreille au guet. la vue errant de côté et d'autre, ils épient jusqu'au moindre bruit. Une certaine brise, soufflant par intervalles, cause un certain froissement dans les hautes herbes de chaque côté d’eux : alors ils s'arrêtent, regardent, fouillent les alentours, et ne reprennent leur route qu'après s'être bien assurés qu’il n’y a rien à craindre.

Ils marchent ainsi pendant un quart d'heure, et cependant rien n’a encore attiré leur attention. Tout à coup, Albert s'arrête, et tirant le bras du capitaiue, 1l lui dit à voix basse:

—Voyez-vous cette lueur à droite ?

Le capitaine jette la vue du côté indiqué et répond affirmativement.

—Ce doit être un feu de camp, reprit Albert.

--Cela est certain, approchons pour nous en assurer.

Bientôt un feu autour duquel une centaine de sauvages sont à discuter, apparaît à leur vuc.

Ils se baissent tous deux pour ne pas être aperçus ; ils osent à peine souffler tant ils voudraient saisir quelques mots de la conversation des indiens.

Le capitaine, depuis longtemps déjà dans les prairies du Grand-Ouest, comprenait un peu leur idiome ; aussi prêtait-il la plus grande attention.

—-Comprenez-vous ce qu'ils disent? souffla Albert.

— Je ne puis saisir que quelques mots, assez cependant pour comprendre que plusieurs d’entre eux veulent attaquer la caravane cette nuit. Mais voici leur chef qui se lève ; Dieu veuille qu'il soit de leur avis, je pourrai leur préparer une chaude réception,

Le chef sauvage se lève en rejetant la tête en arrière, puis promenant un regard sévère autour de l’assemblée, il commande le silence et, d’une voix forte, commence la harangue suivante :

—Frères, vous savez que l’Aigle-Bleu, notre allié, est en ce moment à quelques heures de marche en arrière de cette caravane de visages pâles. Il ne peut tarder à être sur leurs talons et doit, aussitôt que leur caravane sera en marche, les suivre et entrer dans le ravin pour en fermer l'entrée. De notre côté, nous les laisserons s’avancer jusqu’à l'angle de cette montagne, où nous devons obstruer le chemin. Comme il est probable que ces visages pâles ne se mettront en marche qu'après le lever du grand astre, nous avons le temps de nous reposer deux ou trois heures avant de nous mettre à l’œuvre. Que chacun de vous aille se reposer, et au signal que je donnerai, vous devrez vous lever de suite et vous

ouffla

assez d’ennuit.

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notre ires de 1sa9es ons et aarche, fermer ns S’ane, où eilest ettront e, nous bu trois 1e chaque je

et vous

ALBERT OU L'ORPETLIN CATHOLIQUE 211 commencerez à obstruer le chemin. Je vous promets de tirer vengeance de ces chiens ; chacun de vous s’emparera de l’une de leurs chevelures pour orner sa ceinture. Allez vous reposer, vous aurez plus de force pour jouir du plaisir de les torturer. Allez, j'ai dit.

— Les infâmes peaux-rouges, murmura le capitaine. Que ne les ai-je exterminés tous l’autre soir. Gare à eux, je leurs promets un terrible châtiment, s’ils osent nous attaquer au passage.

Deux minutes plus tard, les sauvages étaient tous couchés, hors le chef, qui vouiut faire la garde.

—Retournons de suite à la caravane, dit le capitaine : elle doit être en ce moment occupée à lever le camp.

Tous deux, prenant le pas de course, arrivent bientôt et racontent ieur aventure à M. Lyons.

-—Que faire? demande ce dernier.

— Nous allons suivre l'avis de notre jeune ami, le sauveur de cette caravane, dit le capi: taine. Partons immédiatement, et évitons de faire du bruit pour ne pas éveiller l'attention des sauvages en arrière de nous. E:, entrant dans le ravin, nous allumerons nos réverbères pour éclairer le chemin, qui est bordé de précipices. Tout ce que je vous demande, c'est de me lais-

rm

212 ALBERT OU L'ORPHELIN CATHOLIQUE ser prendre le devant d’un quart d'heure, et je vous promets de réveiller ces peaux-rouges pour leur donner l'avantage de nous voir passer.

— Pourquoi ne pas essayer de passer inaperçus ? dit Albert, devinant la pensée du capitaine.

—Ce ne sera pas ma faute s'ils se réveillent, dit le capitaine avec colère. Infâme vermine, plusieurs d’entre eux dorment déjà du sommeil de l'éternité.

M. Lyons et Albert ne purent s'empêcher de frémir.

—Capitaine, dit M. Lyons avec fermeté, je vous cominande d'empêcher l'effusion du sang, si c’est possible.

—Vous voulez donc qu'ils nous massacrent tous ? Si nous leur échappons cette nuit, ils reviendront la nuit prochaine ; je veux en finir de suite avec cette race m...

— Nous serons toujours en état de nous défendre dit M. Lyons d'un ton plus fort, et je défends à qui que ce soit d'attaquer ces sauvages sur le territoirz desquels nous sommes en ce moment. Je ne permettrai plus de massacre, entendez-vous ? Votre devoir est de nous défendre en cas d'attaque, mais non d'attaquer vous-même.

—Ïl est temps de partir, dit Albert.

Le capitaine se rend à sa compagnie en se

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gara ICI,

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mordant les lèvres de dépit. M. Lyons donne le signal du départ.

L'avant-garde fut placée à une centaine de pieds en avant de la caravane, et l’on se mit en marche.

En arrivant au ravin, le capitaine fit arrêter ses hommes pour permettre à la caravane d’approcher ; puis, se faisant apporter les réverbères, il les alluma et les donna à quatre d’entre eux en leur recommandant de les tenir de façon à bien éclaire: le chemin.

Lorsque tout fut prêt, il appela six de ses hommes les plus résolus et leur dit :

— Voulez-vous m'accompagner? je voudrais réveiller ces sauvages pour leur permettre de nous voir passer.

— Oui, oui, répondirent-ils.

— Vos pistolets sont-ils bien chargés ?

—Jusqu’à la gueule.

— Et vos sabres ?

— À nos côtés.

— Bien, suivez-moi.

—Et vous, ajouta-t-il en s'adressant à l’avantgarde, ne partez pas avant que les wagons soient ICI,

Il part au galop avec sa petite troupe ; arrivé

mn

près du feu dont nous avons déjà parlé, il dit à ses hommes :

—Voyez-vous ces sauvages étendus et endormis? Tirez vos pistolets et saluons-les par une décharge qui va les réveiller. N'était la défense de M. Lyons, nous nous rendrions au camp pour leur donner la main ; dans tous les cas, ils feront bien de ne pas trop nous approcher. Lorsque vous aurez fait feu, faites attention ; si quelquesuns de ces peaux-rouges prennent la direction du chemin que la caravane doit suivre, il nous faudra les poursuivre et les atteindre afin que le chemin soit libre. Attention. Feu!

Une forte détonation se fit entendre.

Un coup de foudre n’eût pas causé plus de surprise et d’épouvante parmi ces hommes endormis que cette décharge si inattendue pour eux. En un instant, tous étaient debout et regardaient de tous côtés en poussant des cris de frayeur.

— Une seconde décharge pour les rassurer.

crie le capitaine... Feu !

Cette fois, les armes avaient été dirigées vers le camp, mais trop haut pour atteindre les sauvages.

Ce fut alors un sauve-qui-peut général ; les uns prirent la direction des crevasses et des contre-

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assurer.

ées vers les sau-

: les uns contre

ravins; d’autres, parmi lesquels était le vieux chef, prirent celle du chemin.

—A moi celui-là, crie le capitaine en désignant le vieux chef ; à vous les autres ; et il lance s on cheval au galop.

—Moït aux traîtres ! à bas les peau-xrouges ! crie le reste de la petite troupe en piquant de l’éperon.

La caravane arriva au même instant. M.

Lyons, voyant partir le capitaine et ses hommes, donne ordre de les suivre et d'empêcher tout massacre.

Aussitôt, plusieurs lancent leurs chevaux au galop en criant au capitaine d'arrêter. Albert est bientôt à la tête des poursuivants.

A la clarté brillante que donnent les réverbères, Albert peut distinguer le capitaine qui, le corps en avant, ne cesse de piquer son cheval pour atteindre un homme, la tête ornée de grandes plumes et fuyant avec une grande vitesse.

Une autre forme se dessine à quelques pas ; c'est celle d’un jeune homme. Ce dernier paraît plus agile et semble ralentit sa course pour ne pas s'éloigner de son compagnon.

— C'est un jeune sauvage, se dit Albert, on dirait à le voir qu'il veut protéger l’autre plus âgé.

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