‹ Albert ou L'orphelin catholique [microforme]Chapitre 36 sur 62 · CE · texte numérisé non relu

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Le jeune sauvage tourne la tête de temps à autre pour s'assurer de la distance qui les sépare de leur adversaire.

Le capitaine n'est plus qu’à quelques pas:

déjà il a tiré son sabre et crie aux fuyards d’arrêter.

Alors le jeune sauvage s'approche rapidement du vieux chef et, le prenant par le bras, l’entraine avec lui; mais il est trop tard, le capitaine arrive sur eux.

Voyant qu'ils ne peuvent lui échapper, le jeune indien se tourne brusquement et, saisissant son tomahawk, il le lance avec une adresse et une force connues seulement de ces enfants du désert.

L’arme terrible part avec la rapidité de la flèche, vient frapper le crâne du cheval au capitaine et l’abat.

Le capitaine tombe en poussant ur cri de rage.

Alors les deux sauvages se retournent et, voyant leur ennemi terrassé et écrasé sous le poids de son cheval, ‘ils se ruent sur lui en poussant des cris de joie.

Le jeune sauvage ramasse son tomabhawk pendant que le vieux chef tire un long poignard ; l’un saisit le capitaine par les cheveux, l’autre

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dirige son poignard vers sa poitrine pour lui percer le cœur.

Le capitaine, par un suprême effort, a pu par ses mouvements vifs et puissants éviter ie poignard qui devait lui donner le coup fatal, mais ses ennemis sont les plus forts.

Ces derniers, fatigués de sa résistance désespérée, veulent en finir sans retard. Le jeune sauvage prend son tomahawk et le relève pour lui fendre le crâne.

Déjà la hache terrible est levée et prête à descendre ; le capitaine recommande son âme à Dieu.

Un coup sec se fait entendre ; le jeune sauvage pousse un cri de douleur et tombe à côté de celui à qui il voulait donner la mort.

En le voyant tomber, le vieux chef pousse un cri de vengeance et s’élance pour en finir avec le capitaine, mais Albert apparaît tout à coup et, l'ajustant en pleine poitrine, il lui crie:

-—Arrête, tu es mon prisonnier, une seule tentative de t'échapper te coûterait la vie,

Les autres cavaliers arrivent au même instant. Albert leur demande de lier le vieux chef et, sautant à bas de son cheval, il court vers le capitaine.

— Venez, messieurs, dit-il, que quelques-uns

d'entre vous viennent retirer le capitaine de sa mauvaise position.

Plusieurs accourent ; les uns s'occupent à lier le vieux chef, les autres à relever le capitaine ; Aïbert se dirige vers le jeune sauvage que sa balle a renversé.

— Pauvre jeune homme, dit-il, il est tombé en voulant protéger son chef, qui sait? peut-être son père. Dieu veuille qu’il ne soit pas mort.

M. Lyons arrive au même instant.

—Où est Albert? dit-il en sautant à bas de son cheval.

— Ici, à côté de nous, lui fut-il répondu.

— Dieu soit loué, dit-il en se dirigeant du côté indiqué. Il aperçoit Albert occupé à frictionner

les membres du jeune indien: ce dernier com- su: mençait à donner des signes de vie.

—Ce jeune indien est-il mort? dit-il. res —Non, monsieur, répond Albert ; j'en remer- qu cie Dieu, car c’est moi qui ai tiré la balle qui l’a l’a: terrassé. | — Ah i qu'est-ce qui vous a porté à commettr. ter cet acte P pla Albert raconta ce qui s’est passé. Si ce jeune sur homme, ajouta-t-il, n’eût pas, après avoir terrassé se

le capitaine, essayé de l'assassiner, je n'aurais pas tiré mon revolver.

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—En ce cas, vous n’avez rien à vous reprocher, dit M. Lyons avec émotion; le capitaine vous doit donc la...

—La vie, dit le capitaine qui venait d’être relevé ; puis, saisissant les deux mains de notre héros, il ajouta: Brave jeune homme, je vous dois une éternelle reconnaissance, ma vie vous.

— Appartient à Dieu, dit Albert en levant une main vers le ciel; c’est à lui que revient toute votre reconnaissance. S'adressant à M. Lyons, il ajouta :

— Veuillez donc faire venir le chirurgien pour panser la blessure de ce pauvre jeune sauvage.

— J'y cours, ditie capitaine.

Le chirurgien accourt et constate que la blessure n’est pas mortelle.

Après qu’on lui eut donné les soins nécessaires, le caravane reprend sa route, et vers les quatre heures du matin, elle forme son camp à l’autre extrémité du ravin.

Le vieux chef et son fils, liés ensemble, sont tenus sous bonne garde; des sentinelles sont placées autour du camp pour prévenir toute surprise, les autres entrent sous les tentes pour se reposer.

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