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et la caravane se remet en marche pour camper au delà de la dernière montagne qu’elle devait traverser avant de commencer le voyage de retour.
De ce point, elle devait se diriger vers le nord, | puis prendre la direction de l’est pour revenir au = fort Leavenworth qu'elle avait quitté depuis trois
mois.
1t Trois jours après, elle campait à l'entrée d’un | à ravin, long de plusieurs milles, qu’elle devait traverser le lendemain.
— Nous avons besoin de faire bonne garde, ce soir et demain, dit M. I,yons ; je crains que ces sauvages ne profitent de notre passage dans ce
ravin pour nous attaquer. de —Ils paieront cher cette audace, dit le capi-
taine ; cette fois, je suis décidé d’en finir avec qu
EUX. êt:
— Ils sont nombreux, | ra —La partie n’en sera que plus belle; aussi
vais-je prendre mes précautions pour que pas un te:
ne m'échappe. Pour cela, j'aurai besoin de toute | bi
ma compagnie pour former l'avant-garde; ver, le
ingénieurs devront protéger le reste de la cara- |
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-- Nous sonimes tous à vos ordres, capitaine ; placez-nous où vous voudrez.
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Le lendemain de bonne heure, la caravane se met en marche et entre hardiment dans ce ravin entouré de hautes murailles perpendiculaires qui s'élevaient en certains endroits à plus de mille pieds de hauteur, Au centre, coule un torrent bordé de broussailles dans lesquelles peuvent se cacher des centaines d’ennemis.
Le capitaine, en avant, l'œil au guet, ne perd rien de vue ; il épie les moindres fissures. Tantôt, sur son ordre, un soldat laisse le chemin pour monter sur une hauteur ; un autre passe à travers les broussailles, un troisième entre dans un contre-ravin et le fouille en tous sens.
En arrivant à un détour, le capitaine aperçoit des arbres couchés en travers du chemin.
—Les infâmes peaux-rouges, dit-il, ce sont eux qui ont obstrué le chemin. Ils ne doivent pas être loin. Que l’un d’entre vous retourne à la caravane pour l’avertir d'avancer avec précaution.
Pendant que l’un des soldats part pour exécuter cet ordre, les autres, munis de haches, ont bientôt bûché les arbres, puis les ont placés sur le bord du chemin.
— En avant, dit le capitaine dès qu'ils eurent fini cette besogne.
La petite troupe avance avec grande précaution.
Bientôt un certain mouvement dans les hautes herbes attire leur attention.
—ÏIls sont là, dit le capitaine ; que l’un de vous aille chercher notre canon, il faut mitrailler cette vermine. Dites au canonnier de fouetter les chevaux. Puis, dans son impatience d’en venir aux mains avec les sauvages, il ajoute :
— Allons de suite les déloger.
— Allons, répétèrent les autres en chœur.
Ils se lancent en poussant de grinds cris ; le revolver d’une main et le sabre de l’autre, chaque homme pique de l’éperon et se jette à travers les broussailles qui ploient et se brisent sous les pieds des chevaux.
Bientôt on peut distinguer des formes humaines fuyant dans toutes les directions.
— Tue !.. tue ! à bas cette canaille, crie le capitaine d’une voix terrible.
Cet ordre est suivi d’une forte détonation ; les coups de feu se succèdent avec rapidité ; des cris de douleur font trembler les airs.
Dans leur ardeur, ni le capitaine, ni ses hommes ne s’aperçoivent du nombre toujours cruissant des ennemis qu’ils ont à combattre. Notre petite troupe frappe à droite et à gauche sans pitié ni merci ; mais elle va être cernée et frappée à son tour, si elle ne s'arrête dans sa course. Elle
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a déjà devancé plusieurs de ses ennemis qui, resserrant leurs rangs, vont former un cercle d’où elle ne pourra sortir.
—Arrêtez, capitaine, dit l’un des soldats ; cette fuite me paraît une ruse de ces peaux-’ouges pour nous cerner ; ils sont déjà en grand nombre en arrière de nous.
—C'est vrai, dit le capitaine, arrêtons.… Volteface !
La petite troupe tourne bride et se fraie un passage, non sans beaucoup de difficultés ; plusieurs reçoivent des blessures plus ou moins graves.
Les sauvages poussent de grands cris et se lancent à leur poursuite.
— Voici le canon, dit le capitaine. Piquons, piquons ; il faut nous hâter si nous voulons mitrailler cette vermine.
Un cri de douleur se fait entendre : le capitaine se retourne et voit un de ses hommes tomber à bas de son cheval; une flèche l’a atteint en pleine poitrine. |
Le capitaine vole à son secours en criant vengeance.
Albert arrive au même instant; M. Lyons le suit de près.
— Pauvre jeuhe homme, dit Albert. Qu'il est
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me 250 ALBERT OU L'ORPHEZIN CATHOLIQUE nan irénrontrnnmiian entame innsnniesié nn pénible de mourir ainsi victime de la haine de ces sauvages ; puis, insouciant du danger qu le menaçait lui-même, il saute à bas de son cheval et soulève le blessé, dont il appuie ia tête sur son genou.
— Vite le chirurgien, dit-il.
-—Prenez garde, dit le capitaine, ces sauvages vont vous massacrer. À moi cinq ou six d’entre vous, ajouta-t-il en s'adressant à ses soldats, et ils forment une muraille vivante tout autour du blessé et d'Albert.
— Où est votre blessure? demande Albert.
— Ici, dit le blessé en montrant sa poitrine ; mais de grâce, songez à votre salut, ces sauvages vont vous massacrer ; laissez-moi, je vais mourir.
--Non, non, dit Albert, le médecin peut vous sauver.
— Ne vous faites pas illusion, dans quelques instants j'aurai cessé de vivre. Ah! que n’ai-je le bonheur de recevoir le remède qui puisse guérir mon âme,
—Mon Dieu, dit Albert, accordez-lui la grâce du pardon ; puis 1l ajouta : Dites-moi quel est ce remède, mon bon ami.
—Le saint viatique.
-- Ayez confiance, monsieur, Dieu a établi un huitième sacrement, et ce sacrement est dans
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ine de qui le cheval te sur
uvages d’entre lats, et our du
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votre cœur; c’est celui du désir d’être à votre Dieu, d'obtenir de lui je pardon. Que votr: désir soit sincère et Dieu vous donnera sa grâce.
—Merci, ah ! merci, vos paroles sont pour moi comme un baume salutaire, un...
-—Ventre à terre, crie le capitaine.
Le canon est mis en position. Cependant les sauvages n'arrêtent pas, quelques secondes encore et le brave capitaine et ses soldats autour du blessé, malgré leur courage et leur défense héroïque, vont être écrasés ; Albert et le blessé vont subir le même sort,
—Baissez-vous, crie le capitaine avec plus de force.
Tous s’empressent d’obéir.
Une détonation forte, assourdissante, suivie d'un sifflement aigu, fait trembler les montagnes d’alentour ; les boulets, remplissant leur mission, se fraient un passag? en trouant les masses ser rées qu'ils rencontrent; des cris perçants font retentir les airs. Une fumée épaisse sépare pour quelques secondes les combattants, puis en se dissipant, laisse voir aux gens de la caravane l'effet terrible produit sur ces sauvages qui se heurtent les uns contre les autres en poussant des hurlements terribles.
—Sus ! sus ! crie le capitaine en sautant à cheval.
—AÀ mort les traîtres, crient les soldats en suivant leur capitaine.
Les sauvages, épouvantés, se sauvent dans toutes les directions ; les plus agiles se cramponnent aux parois des montagnes qu'ils escaladent
avec toute la vitesse possible ; les autres se ca- c chent dans les sinuosités ou les contre-ravins és: dans lesquels ils se jettent pour échapper aux
coups terribles de ces hommes ivres de colère et à
de vengeance.
Albert, M. Lyons et un des chapelains s’occupent du blessé. Le chirurgien, après avoir exa-
miné la blessure, constate que, bien que dange- se reuse, elle n'est pas mortelle. D' —Je vous le disais, cher ami, dit Albert, re- l’e merciez Dieu. to:
Le chirurgien, homme habile, panse la blessure ; puis, aidé de quelques hommes, il transporte vi le blessé dans un des wagons. wo La caravane reprend sa marche et, sur le soir, rit elle forme son camp en dehors de ce ravin té- | moin de tant d'émotions. cr
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