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papiers. Il n'eut pas plutôt jeté les yeux sur la
quittance qu’il s’écrie :
-—Comment ! Est-ce bien possible !
— Qu'est-ce? demande Mme Stevens.
—Tiens, regarde, dit-il joyeusement.
Mme Stevens pousse un cri de joie. Eva regarde à son tour. Merci, mon Dieu dit-elle, merci.
M. Stevens se tourne du côté du vieillard souriant toujours.
— Veuillez, lui dit-il, nous dire comment ce bonheur inattendu nous est arrivé. Quel est l'ami généreux qui a voulu me conserver cette propriété ?
—Oui, veuiilez nous le nommer, dirent ensemble les deux dames.
— Il m'est impossible de vous le nommer, dit le vieillard, ce monsieur veut garder l’incognito pour le moment. Après s'être informé de votre santé à tous, il m’a prié de vous dire qu'il aurait le plaisir de vous voir lorsque vous serez réinstallés dans votre demeure.
—Vous devez le connaître, n'est-ce pas?
— Non, je le crois étranger ; ni l’encanteur, ni le shérif, ni aucune des personnes présentes nc semblaient le connaître.
—Voilà qui est singulier, dit M. Stevens en
repassant dans sa mémoire tous les amis de la ville et du dehors.
—C'est monsieur Smith, peut être, dit Mme Stevens.
— Non, madame, dit le vieillard ; il était, au contraire, très peiné de n'avoir pu acheter la propriété lui-même.
— À la bonne heure, dit M. Stevens, je n’aurais pas a. -pté ce don de sa part.
Eva jeta un regard sur son père.
—Nous connaîtrons bientôt cet homme généreux, reprit M. Stevens. Venez, mon ami, vous voilà remis de votre fatigue, vous allez prendre le dîner avec nous.
Trois jours plus tard, M. Stevens et sa famille étaient réinstallés dans leur belle résidence. Plusieurs de leurs amis vinrent les féliciter de l’heureux changement opéré dans leur fortune.
A ceux qui leur étaient restés fidèles, ils firent un accueil chaleureux ; pour les autres, ils étaient toujours absents.
Le quatrième jour après leur arrivée, vers les six heures du soir, Eva était occupée à relever ses fleurs au jardin ; elle entre sous une tonnelle, la même que nous avons vue au commencement de ce récit.
—C'est ici, se dit-elle, qu’Albert aimait à s’as-
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