CHAPITRE DEUXIÈME LE FOND HUMAIN
Il n’entrait point dans la conception de cet essai de conter plus en détail la vie d'Albert Samain. Plus que l’homme, c’est le symboliste que je cherche en lui, et il me suffit d’avoir montré que nulle pression extérieure ne le contraignit d’être poète. Etre poète sans vivre, voilà, certes, qui est loin d’être banal. Si Léopoldine ne se fût noyée, Victor Hugo eût-il fait cette confidence qu’
Elle était pâle, et pourtant rose, Petite, avec de grands cheveux ‘.… ?
Et Musset eût-il écrit le Souvenir ”, si le hasard d’un spectacle ne l’eût remis en présence de celle qui allait devenir « la bonne dame de Nohant »?
Je n’ai pas davantage ce dessein de reconstituer, après Léon Bocquet, la physionomie accoutumée de l’ami qu’il vénérait. Mais, retrouvant dans l’œuvre le fond humain